Le chef de la CAQ François Legault au milieu de son premier rassemblement militant de la campagne, à Repentigny.

Legault veut «corriger le gâchis» péquiste

Il n'y a pas qu'à Québec où le chef caquiste François Legault mettrait un frein à des projets jugés «non prioritaires». Tous les engagements préélectoraux du gouvernement péquiste seraient analysés et annulés si possible.
Le leader de la Coalition avenir Québec (CAQ) estime qu'au début de l'automne et cet hiver, à l'approche de fenêtres électorales, Pauline Marois a fait un «feu d'artifices» avec «des milliards qu'on n'a pas».
«Je m'engage à revoir une par une toutes ces annonces, a affirmé M. Legault, hier. En agissant avec rigueur et intelligence, je m'engage à annuler tout ce qui n'est pas prioritaire. Mme [Pauline] Marois a agi de façon irresponsable. Nous allons corriger son gâchis.»
En tête de liste des projets à jeter au panier, l'investissement de 450 millions $ dans la cimenterie de Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie, qui permettra la création de 400 emplois. Une somme démesurée par rapport aux emplois créés, selon M. Legault. À Québec, ce sont les projets d'anneau de glace, du Théâtre Diamant et des Nouvelles Casernes qui seraient mis sur la voie de garage.
«Tout en respectant de façon responsable la signature du gouvernement, tout ce qui peut être annulé qui n'est pas prioritaire va être annulé», a promis M. Legault.
Le chef caquiste a ainsi écrit un nouveau chapitre à son «anticampagne» où il propose un gel d'embauche dans la fonction publique, des coupes dans les crédits d'impôt et l'annulation de projets en échange de baisses de taxes et de création d'emplois.
Campagne de peur
Depuis que l'enjeu référendaire s'est invité dans la campagne, la CAQ perd des électeurs au profit du Parti libéral du Québec. Hier, M. Legault a accusé Philippe Couillard de se livrer à une «campagne de peur» auprès de la population. «M. Couillard utilise la même stratégie utilisée par Jean Charest et les libéraux depuis plusieurs années, a-t-il dit. On fait peur au monde avec un référendum possible et c'est tout ce qu'on a à proposer : "Ayez peur et si vous avez peur, venez avec moi". Je trouve que c'est insuffisant.»
Le leader caquiste a réitéré qu'il n'envisage rien d'autre qu'un gouvernement caquiste majoritaire. Pas question d'aborder l'idée d'une alliance avec les libéraux avant le 7 avril.
Maintes fois raillée pour l'absence d'événement militant significatif depuis le déclenchement, la CAQ est parvenue, hier, à mobiliser plusieurs centaines de partisans de différentes régions au Centre récréatif de Repentigny. Une démonstration énergique qui tranchait avec les passages dans les restaurants ou les locaux électoraux tenus par une poignée de militants.
«La lutte électorale est très dure, mais souvenez-vous qu'elle ne fait que commencer», a lancé le chef caquiste dans un appel à ses troupes à propager le message du parti.
Le chef de la CAQ s'est inspiré de la remontée du Canadien de Mont-réal, samedi, qui a gagné 5-4 après avoir tiré de l'arrière 4-1. «Rien n'est joué, a affirmé M. Legault. Tout peut changer. Moi, je vous dis que c'est possible.»