Entouré de quelques-uns de ses candidats, dont le député sortant de Chauveau, Gérard Deltell (à gauche), le  chef caquiste François Legault a insisté mercredi sur l'importance  deréduire les dépenses de l'État.

Legault prêt à s'en aller s'il n'obtient pas les appuis suffisants

François Legault veut se faire plaisir. Dire sans détour aux Québécois ce qu'il pense. Expliquer pourquoi il veut faire le «ménage» dans l'État, quitte à affronter les syndicats. Et si cela ne plaît pas, il s'en ira.
«Je n'ai pas besoin d'une job», a répondu mercredi le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) à une question sur l'issue incertaine de la «bataille politique de [sa] vie». Indépendant de fortune, l'ancien patron d'Air Transat est toujours prêt à investir 10 ans en politique pour «rattraper l'écart de richesse» entre le Québec et ses voisins. Mais s'il n'obtient pas les appuis suffisants, il ne s'accrochera pas.
«Sincèrement, déjà, je suis allé loin de dire ça», a-t-il ajouté en entrevue au Soleil. «Tous les politiciens vont dire: "Je suis là pour gagner, je veux gagner et je vais gagner."»
Combattre la résignation
François Legault a longtemps cru que les changements qu'il propose créeraient des «chicanes» dont les Québécois auraient horreur. Des coups de sonde menés par son parti l'ont fait changer d'idée. «À ma surprise, les gens n'ont pas peur de la chicane, dit M. Legault. Ils pensent en fait qu'aucun politicien n'aura le courage de le faire. Mon plus grand adversaire, c'est la résignation de beaucoup de Québécois.»
La recette caquiste du chef Legault ressemblera à celle servie aux électeurs en 2012. La CAQ proposera une réduction considérable par attrition du nombre de gestionnaires dans les réseaux publics, notamment à travers l'abolition des agences de la santé et des commissions scolaires. Le parti veut atteindre l'équilibre budgétaire dès l'an prochain et promet une réduction de 1000 $ du fardeau fiscal pour les familles de la classe moyenne.
«Il faut expliquer aux syndicats qu'on n'a pas le choix, affirme M. Legault. On ne peut pas continuer à vivre au-dessus de nos moyens. Les deux tiers des dépenses au gouvernement, ce sont des salaires. Personne ne va me faire à croire qu'il est possible de faire des miracles sans toucher au nombre d'emplois.»
Le chef caquiste espère s'entendre avec les syndicats. Mais il souligne par ailleurs que l'État a «tous les pouvoirs pour décréter les conditions de travail, contrairement aux municipalités, pour l'instant».
Promesses
Le député caquiste Christian Dubé doit présenter ce matin le cadre financier de son parti. Il expliquera comment un gouvernement de la CAQ équilibrerait le budget tout en réalisant ses engagements.  
Mercredi, la CAQ a présenté ses deux premières promesses électorales. Premier ministre, M. Legault abandonnerait sa prérogative de déclencher des élections, même dans un contexte minoritaire, afin que les scrutins soient vraiment à date fixe. Et il réitère la nécessité de nommer un directeur parlementaire du budget qui fournirait un portrait exact des finances publiques avant une campagne.