Le chef de la CAQ, François Legault

Legault était en faveur de l'anneau de glace il y a trois semaines

L'opposition du chef caquiste François Legault à la construction d'un anneau de glace couvert à Québec est peut-être bien courageuse, comme l'ont souligné divers observateurs, mais elle est aussi très, très récente. D'après des vérifications faites par Le Soleil, il y a à peine trois semaines, le politicien était encore en faveur de ce «beau projet» dont, disait-il, on avait «besoin» au même titre qu'un nouvel amphithéâtre.
Lors de la présentation du dernier budget provincial, où le gouvernement péquiste avait annoncé son intention d'aller de l'avant avec ce projet de 100 millions $ (dont 32 millions $ proviendraient du fédéral), M. Legault l'avait décrit comme un «beau projet».
«On a besoin, au Québec, d'aller rechercher un peu de fierté, que ce soit avec un amphithéâtre ou un anneau de glace», avait-il déclaré.
Cette position contraste beaucoup avec celle que M. Legault a défendue au cours des derniers jours, qui consiste à faire une croix sur l'anneau de glace couvert ainsi que sur deux autres projets, soit le Théâtre Le Diamant de Robert Lepage et les Nouvelles Casernes. Ensemble, ces trois projets demanderont 70 millions $ du provincial à un moment où, juge désormais M. Legault, le trésor québécois ne peut pas se le permettre.
Autres priorités
La CAQ conserverait tout de même d'autres priorités pour la région, comme l'élargissement de Henri-IV, la réfection de la tête des ponts et la phase 3 de la promenade Samuel-De Champlain.
Il n'a pas été possible de questionner M. Legault sur son changement de cap, hier, son entourage prétextant une journée particulièrement chargée - notamment par l'enregistrement de Tout le monde en parle.
Joint par Le Soleil, son attaché de presse Jean-François Del Torchio a fait valoir que la CAQ avait toujours considéré que l'anneau de glace couvert était un «beau projet» pour Québec, «mais on n'a pas l'argent pour le faire».
À la question de savoir si M. Legault croyait, le 20 février, que le Québec avait les moyens de se le permettre, M. Del Torchio a répondu : «On a déposé notre cadre financier [la semaine dernière], et on se rend bien compte qu'il faut faire des choix, et ça fait partie des choix qu'on a faits. On l'a toujours dit, c'est un beau projet mais, présentement, ça ne peut pas être dans nos priorités.
«Si on veut remettre 1000$ dans les poches des contribuables [par des baisses de taxes et de tarifs annoncées plus tôt dans la campagne], il faut faire des choix», martèle l'attaché de presse.
Rappelons que le revirement de M. Legault sur l'anneau de glace lui a valu l'ire du maire de Québec, Régis Labeaume, que les politiciens provinciaux et fédéraux prennent habituellement soin de ne pas se mettre à dos à cause de sa grande popularité.