«Le Parti québécois a toujours voulu être un parti rassembleur. L'arrivée de M. Pierre Karl Péladeau va dans cette perspective», a déclaré Pauline Marois, mercredi matin, à Québec.

«L'effet PKP» peut aider le PQ à Québec, admet Marois

La candidature de Pierre Karl Péladeau à Saint-Jérôme, au nord de Montréal, peut aider le Parti québécois (PQ) à gagner des votes - et peut-être des circonscriptions - à Québec, admet Pauline Marois.
«J'ai de la difficulté à comprendre», a dit Philippe Couillard mercredi matin. «Il y a un enjeu qu'il ne faut pas banaliser, a-t-il réitéré. C'est pas banal, posséder 40 % des médias au Québec.»
La leader péquiste a eu ces propos pour l'ex-grand patron de Québecor, qui fait campagne toute la journée dans la région de la capitale. Il débute, jeudi matin, par une sortie avec sa chef, à Lévis sur la rive-sud.
Pendant que son adversaire libéral Philippe Couillard remettait en question la lettre qu'une brochette de personnalités endossent pour applaudir la nouvelle vedette péquiste, Mme Marois en a fait un symbole de son style de leadership.
«Le Parti québécois a toujours voulu être un parti rassembleur. L'arrivée de M. Pierre Karl Péladeau va dans cette perspective», a-t-elle déclaré, mercredi matin, à Québec.
Depuis des années, la capitale représente une terre infertile pour la formation que dirige Mme Marois. Au plébiscite de 1995, malgré leur base francophone, les circonscriptions de la région n'ont donné qu'une mince majorité au Oui. Le PQ n'en détient qu'une seule dans le Québec métropolitain, Taschereau, avec Agnès Maltais.
Pauline Marois a insisté sur le fait que «c'est l'ensemble de l'équipe qui va faire la différence dans la région de Québec», au scrutin du 7 avril. Dans cette optique, «la présence de M. Péladeau [dans son groupe de recrues] est un élément de plus», a-t-elle admis.
Mme Marois y est allée d'une allusion à ce qu'il est convenu d'appeler le «mystère Québec», cette difficulté des souverainistes a obtenir des appuis ici. «Tous les ingrédients sont là pour que les gens de la capitale nous appuient. J'ai un peu de difficulté à comprendre qu'ils ne le fassent pas», a-t-elle laissé tomber en disant espérer que cela change, cette fois.
La chef du PQ n'a pas modifié son opinion sur les actions dans Québecor que veut conserver M. Péladeau. Les confier à une fiducie sans droit de regard est conforme au code d'éthique des élus, a-t-elle martelé. Mme Marois n'a pas commenté l'opinion de deux experts en gouvernance. Ils préconisent que Pierre Karl Péladeau modifie la structure de son capital dans Québecor pour ne plus être actionnaire de contrôle. «Je n'ai pas vu le document.»
Couillard a «de la difficulté» avec la lettre
De passage à Montréal mercredi matin, Philippe Couillard est revenu sur la sortie des ténors de la souveraineté Bernard Landry, Jacques Parizeau, Gilles Duceppe et autres qui appuient M. Péladeau. Le chef libéral dit «avoir de la difficulté à comprendre» une telle position et laisse entendre que ces personnalités «banalisent» les enjeux soulevés par les parts du candidat péquiste dans Québecor.
«Est-ce que cette sortie simultanée signifie que la Fédération professionnelle des journalistes, le jurisconsulte, le commissaire à l'éthique et l'Institut de la gouvernance sont dans le champ?» a demandé le chef du Parti libéral du Québec (PLQ).
Ces organisations ont affirmé publiquement leurs réserves sur la décision de M. Péladeau de garder ses actions en les confiant une fiducie sans droit de regard. À leurs yeux, cette mesure n'est pas suffisante pour assurer l'indépendance des pouvoirs politiques et médiatiques.
Or, ce n'est pas le cas des anciens premiers ministres Landry et Parizeau, qui, avec d'autres personnalités comme Gérald Larose, Marc Laviolette, Lise Payette ou Jean-Paul L'Allier, ont cosigné une lettre dans laquelle ils saluent l'arrivée de la recrue péquiste. Ils rejettent aussi la position de ceux qui appellent PKP à vendre ses actions de Québecor pour assurer l'indépendance de la presse.
«J'ai de la difficulté à comprendre», a dit M. Couillard. «Il y a un enjeu qu'il ne faut pas banaliser. C'est pas banal, posséder 40 % des médias au Québec.»
Philippe Couillard a aussi dit mercredi qu'il n'était «pas mécontent» de voir des données d'Influence Communication sur le «poids médias» de M. Péladeau. L'homme d'affaires a été plus médiatisé que les chefs de parti. Entre lundi et mardi midi, Pauline Marois a retenu 41,8 % de l'attention des médias, François Legault, 29,72 %, et Philippe Couillard, 20,81 %.