Le triomphe facile de Stephen Harper

Selon Stephen Harper, il faut voir un lien entre les politiques de son gouvernement et la baisse de la faveur souverainiste au Québec. «Ce n'est peut-être pas notre parti qui a le crédit, mais c'est la réalité, a déclaré le premier ministre le 25 juin. Notre façon de gérer la fédération est meilleure pour les Québécois que les autres.»
Est-ce vraiment le cas? Il est permis d'en douter. Mais s'il est vrai que l'appui à la souveraineté a diminué au cours des dernières années, le sentiment d'appartenance au Canada n'a pas augmenté dans les mêmes proportions. En fait, il est difficile de trouver une période, depuis la crise de la conscription, où les Québécois se sont sentis aussi peu en diapason avec les politiques du gouvernement canadien. L'attachement caricatural de Stephen Harper à la monarchie britannique, son abandon du registre des armes à feu, son déni par rapport aux changements climatiques, ses tentatives multiples de passer outre à la Constitution canadienne et de contrôler la Cour suprême ne sont que quelques exemples du fossé que ce gouvernement a créé avec la société québécoise. Son intention, confirmée mercredi, d'aller de l'avant avec la création d'une commission nationale des valeurs mobilières en est un autre exemple.
M. Harper a reconnu la nation québécoise et il lui a accordé un siège au sein de la délégation canadienne à l'UNESCO. Mais il n'a pas poussé plus loin ses efforts. Sa tentative d'imposer Marc Nadon à la Cour suprême n'est que le dernier chapitre d'un comportement autoritaire qui ignore le Québec. En devenant premier ministre, Stephen Harper s'était acquis la réputation de faire ce qu'il avait promis de faire en campagne électorale. Maintenant, il fait à sa tête et seuls les tribunaux parviennent à bloquer ses coups de force.
Justin Trudeau a également souligné la diminution de la ferveur souverainiste, notamment chez les jeunes Québécois. Mais il l'a attribuée à un changement de génération et à un intérêt plus marqué pour les grands enjeux internationaux comme les changements climatiques. L'avenir dira s'il a raison, mais il est clair que la baisse des appuis à la souveraineté, constatée par les sondages, ne s'accompagne pas d'un intérêt plus fort pour la politique fédérale.
En passant, ce n'est pas avec de la propagande comme 24/Sept, véhiculée par le bureau du premier ministre, que l'on convaincra les Québécois de s'intéresser à nouveau à la politique canadienne.
Vous ne connaissez pas 24/Sept? Ça vaut le coup d'aller voir ça sur le site du premier ministre, pour constater à quel point ce gouvernement, qui refuse de rendre des comptes, dilapide l'argent des contribuables pour redorer son image. Vous y verrez des simulacres de reportages sur les bons coups de la semaine de Stephen Harper et de ses ministres, tout ça réalisé en anglais et en français par les employés du bureau du premier ministre à des coûts que l'on refuse de divulguer.
Le pitbull de Couillard
J'ai vanté récemment le comportement respectueux du ministre Gaétan Barrette pendant l'étude des crédits de son ministère. Je reviens sur mes propos. Il a défendu mercredi son collègue Yves Bolduc, dans un style beaucoup moins noble. Envoyer Claude Castonguay à la retraite parce qu'il a émis une opinion critique n'est pas un argument acceptable. De même, M. Barrette porte un jugement de valeur douteux quand il dit que les jeunes médecins sont incapables de fournir la même somme de travail que leurs aînés. Un peu plus, et il aurait ajouté, à l'instar de Peter McKay, que c'est la présence accrue des femmes dans la profession qui en est responsable... Des femmes qui aiment trop leurs enfants, peut-être?