Michel Côté, le directeur général du Musée de la civilisation du Québec

Le traité de Paris en voie de venir à Québec

Même s'il reste encore des ficelles à attacher, le traité de Paris devrait vraisemblablement faire le voyage vers Québec en septembre. Un accord de principe est survenu entre le Musée de la civilisation et le ministère des Affaires étrangères de France pour que l'institution de Québec puisse exposer le document signé en 1763 par lequel le Canada a été cédé à l'Angleterre.
<p>Le traité de Paris</p>
Cela fait un bon moment déjà que le Musée de la civilisation de Québec (MCQ) travaille de concert avec l'historien Denis Vaugeois et son homologue outre-Atlantique, Laurent Veyssière, conservateur en chef du patrimoine au ministère de la Défense français, pour faire venir la pièce dans la capitale. Le premier objectif était de réaliser l'exposition en 2013, pour le 350e anniversaire de la signature du document, mais les négociations ont été plus longues que prévu et durent encore, précise Michel Côté, directeur général du MCQ. 
«On a un accord de principe, mais il reste des modalités à régler concernant les conditions de transport et de sécurité, notamment», a-t-il précisé lundi, prudent. 
Faire venir le traité de Paris n'est pas une mince affaire. «Ça demeure un document gouvernemental. En général, la politique veut qu'un traité reste sur le territoire national. Déjà, il y avait cette difficulté. Ensuite, comme c'était un document unique, rare et précieux, il fallait voir comment on pouvait le faire venir et lui donner des conditions de sécurité maximales», explique Michel Côté. 
Si tout se passe comme prévu, le traité de Paris sera exposé à la fin du mois de septembre, pour une dizaine de jours. Un nombre limité de visiteurs aura accès à la pièce historique, dans la formule des expositions Rares et précieux, que le MCQ a développée pour exhiber des documents exceptionnels, soit des visites en groupes restreints, durant environ 45 minutes. «L'intérêt, au-delà d'être en contact direct avec l'objet, c'est l'heure d'animation, d'échange avec le public. On aime mieux faire ça en plus petits groupes et approfondir les choses et en faire une vraie visite de contenu», ajoute Michel Côté.
Le voyage du traité de Paris permettra aussi au MCQ d'exposer des livres, des cartes et des manuscrits en lien avec cette période historique, tirés de la riche collection du Séminaire de Québec. 
Ce sera la première fois que le traité ayant mis fin à la guerre de Sept Ans sortira de réserves du ministère des Affaires étrangères, à Paris. «Le traité de 1763, il est fondamental pour notre histoire. L'entente entre les trois grandes puissances qu'étaient la France, l'Angleterre et l'Espagne a divisé le monde autrement, et ça a des répercussions encore aujourd'hui. Il y a des choses qui laissent présager l'avenir. [...] On sentait bien qu'on était en train de basculer d'un monde à un autre», note le directeur général du Musée de la civilisation. «Je pense que pour comprendre le monde actuel, se référer à ce moment historique est très intéressant.»