Le Canadien Adam Hadwin manifeste sa joie après avoir confirmé sa victoire au Championnat Valspar de la PGA, dimanche à Palm Harbor en Floride.

Le Tournoi des maîtres au lieu d'un voyage de noces

Le Canadien Adam Hadwin ne prendra pas part au Championnat du monde de golf et demandera un remboursement pour son voyage de noces à Tahiti. Mais il ne pourrait pas être plus heureux.
Moins de deux mois après avoir signé une carte de 59, et à deux semaines de son mariage, Hadwin a ajouté un autre chapitre mouvementé à une année remarquable.
Il a gaspillé une avance de deux coups avec trois trous à négocier en expédiant un coup de départ dans l'eau, en route vers un double boguey. Hadwin a cependant gardé ses esprits et a complété sa ronde avec deux normales, la dernière suffisante pour lui procurer sa première victoire en carrière sur le circuit de la PGA.
Hadwin a conclu les 72 trous réglementaires avec une fiche cumulative de 270, 14 coups sous la normale et un coup devant l'Américain Patrick Cantlay. Dimanche, il a signé une carte de 71, la normale du parcours.
«Vous n'êtes jamais sûr du moment où vous allez compléter le travail, a déclaré Hadwin. Je me suis présenté sur le parcours et je m'en suis tenu à ce que je fais de mieux en gardant les choses simples, à l'exception du 16e trou. Je me considère un peu chanceux, après ce trou, de me retrouver ici, mais je vais certainement l'accepter. Et j'ai hâte de profiter de tout ce qui accompagne cette victoire.»
Ce triomphe le fait grimper au 51e rang du classement mondial, ce qui le rend admissible au Championnat mondial par trous, sauf qu'il convolera en justes noces la même fin de semaine, soit le 24 mars.
Ce triomphe l'assure aussi de participer au prestigieux Tournoi des maîtres, du 6 au 9 avril, ce qui signifie qu'il devra annuler son voyage de noces en Polynésie française. Il devra plutôt se préparer pour le parcours du Augusta National, qu'il a déjà qualifié «d'endroit le plus vert sur la terre».
«Je voulais seulement avoir une chance de gagner en me présentant au dernier trou, et j'ai eu cette chance», a déclaré Hadwin, qui devient le troisième Canadien qualifié pour le Tournoi des maîtres en 2017 après Mackenzie Hughes et le vétéran Mike Weir.
Pas facile
Toutefois, ça n'a pas été facile. Hadwin détenait une avance de quatre coups avec 10 trous à négocier lorsque Cantlay a accentué la pression sur son rival.
Tout a commencé quand Cantlay a placé son coup d'approche à trois pieds du trou au neuvième, avant d'inscrire un oiselet grâce à un roulé de 15 pieds au 10e.
Cantlay a réussi un troisième oiselet d'affilée au 11e, une normale 5, mais Hadwin l'a imité, d'une distance de 25 pieds, pour conserver une priorité de deux coups.
Hadwin croyait sans doute avoir appliqué le coup de grâce au 13e trou, une normale 3. Alors que Cantlay a attaqué le fanion et projeté son coup de départ à huit pieds de l'objectif, Hadwin a choisi la prudence. Mais il a néanmoins réussi un spectaculaire roulé de 55 pieds, ce qui lui permettait de garder son avance de deux coups, après l'oiselet de Cantlay.
L'Américain a retranché un coup à l'avance de Hadwin grâce à un cinquième oiselet en six trous, au 14e, mais a de nouveau glissé à deux coups du Canadien à la suite d'une autre mauvaise sortie d'une fosse de sable. Mais au 16e, Hadwin a permis à Cantlay de le rattraper au sommet du classement.
Au 18e, Cantlay a laissé son deuxième coup dans une fosse de sable en bordure du vert, et Hadwin a expédié sa balle au fond du vert, sur le col de la frise. À l'aide de la base d'un cocheur de sable, il a laissé rouler sa balle jusqu'à deux pieds de l'objectif.
Cantlay a mal exécuté sa sortie de la fosse, laissant sa balle à une quinzaine de pieds de la cible. Il a raté le roulé qui lui aurait permis de forcer au moins un trou supplémentaire.
Auteur d'un score de 68, dimanche, Cantlay a mis la main sur une bourse de 680 400 $, ce qui l'assure d'un statut permanent pour le reste de la saison.
«Je ne sens pas qu'il s'agit d'une source de consolation en ce moment», a déclaré Cantlay en faisant allusion à ce statut permanent. «Je n'ai pas fini la besogne.»