Après des interventions chirurgicales aux deux jambes, Alex Harvey affirme qu'il pourra enfin se battre à armes égales avec ses redoutables adversaires européens.

Le titre et rien d'autre pour Alex Harvey

Alex Harvey amorcera sa saison à 110 %. Un cliché? Dans le cas du fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges, il semble bien que non.
L'athlète de 27 ans a accueilli Le Soleil chez lui, lundi, tout près d'un mont Sainte-Anne embelli par l'automne. Harvey a montré ses couleurs dès le début de l'entretien : il se croit capable de remporter le classement cumulatif de la Coupe du monde 2016, lui qui a terminé neuvième la saison dernière et troisième en 2014.
«Cette année, la différence, c'est que je crois en mes chances de gagner», lance Harvey. L'an dernier, il avait mis l'accent sur les Championnats du monde, où il a remporté une médaille d'argent (sprint) et une médaille de bronze (30 km poursuite).
Sa confiance débordante vient principalement des deux opérations majeures qu'il a subies fin mars et début avril. Il a fait agrandir ses artères iliaques. Elles lui posaient des problèmes de circulation sanguine vers ses jambes. Difficile à croire, mais dans les pentes abruptes, Harvey n'a jamais pu pousser au maximum. Il évitait même une étape cruciale du Tour de ski, trop dure pour son corps à cause de sa montée de quatre kilomètres «plus à pic que le mont Sainte-Anne». Ces points perdus l'empêchaient d'espérer finir au sommet du classement cumulatif.
Tout ça, c'est de l'histoire ancienne. Le skieur assure voir une grande différence depuis qu'il a repris l'entraînement, en mai, après un mois d'inactivité. «Une bonne amélioration. Dans la course à pied et lors des montées en ski en roulettes, où ce sont les jambes qui travaillent principalement, je suis maintenant capable de monter mes pulsations cardiaques plus haut que par le passé. C'est bon signe. [...] Cette année, je me bats à armes égales avec les autres.»
Compétition féroce
D'où cette belle confiance qui lui permet de voir grand. Il reconnaît du même souffle que la compétition est féroce. En plus du double champion, le Norvégien Martin Johnsrud Sundby, Harvey a énuméré une longue liste de skieurs qui ont le même but et le potentiel de l'atteindre, du Suisse Dario Cologna au Russe Alexander Legkov, en passant par un autre Norvégien, Petter Northug Jr.
Cette année, pas de Jeux olympiques ni de Championnats du monde. Le plus gros moment de sa saison, il le vivra devant les siens lors du Tour du Canada, huit courses qui compléteront le calendrier de la Coupe du monde, du 1er au 12 mars. Parmi elles, deux épreuves à Québec : un sprint (4 mars) et un 15 kilomètres (5 mars).
Harvey s'y investit déjà. Il a annoncé son absence des deux épreuves de Lahti (Finlande), qui auront lieu la semaine précédente. «C'est vraiment faire un pas en arrière pour faire deux pas en avant», a illustré Harvey, qui compte profiter de cette «pause» pour s'entraîner en altitude en vue des courses qui auront lieu en Alberta après celles au Québec.
D'ici là, le skieur et ses coéquipiers de l'équipe canadienne s'envoleront vers l'Europe le 8 novembre. La première compétition de la saison débutera trois semaines plus tard, en Finlande.