Laurence Marget note que les jeux en ligne et les forfaits pour les cellulaires font partie des nouvelles formes d'endettement.

Le téléphone, une source de dette

Les problèmes d'endettement touchent toutes les couches de la société et toutes les tranches d'âges, même dans l'utilisation des nouvelles technologies.
Bien que les conseillers budgétaires classent les factures de téléphone cellulaire sous l'onglet des frais de télécommunication (internet, télévision, téléphone résidentiel et cellulaire), les forfaits pour la téléphonie cellulaire viennent affecter le budget des utilisateurs, les plus vieux comme les plus jeunes.
Parmi les phénomènes capables de faire gonfler dramatiquement une facture, il y a les jeux incluant les microtransactions ou la monétisation et le dépassement des frais des données en mode local ou en itinérance. 
Du côté des jeux, ce sont ceux que l'on qualifie de gratuits en application autonome sur le téléphone ou en passant par Facebook, par exemple. Les joueurs qui veulent progresser, dans Candy Crush ou Game of War par exemple, peuvent acheter des jetons ou de la monnaie virtuelle pour acheter des avantages. 
Le phénomène a fait tache d'huile dans les jeux sur les consoles et s'amplifie depuis deux ans. Tout cela se paye avec une carte de crédit dont le numéro est inscrit dans le Google Play Store, iTunes Store, sur le compte Xboxlive ou PlayStation, et même directement dans l'application.
Un 5 $ par ici, un 20 $ par là pour débloquer une fonction, acheter des combinaisons d'amélioration, ça ne parait pas directement dans le jeu sauf pour faciliter la vie du joueur, mais il parait a gros trait sur le compte de la carte de crédit à la fin du mois. La monnaie de plastique pour payer la monnaie virtuelle peut faire grimper le compte à plusieurs centaines de dollars par mois sans que les joueurs en prennent conscience dans le feu de l'action. 
Les médias relataient en décembre l'exemple d'un père de Pembroke qui a reçu une facture de 8000 $ pour des achats par son fils de 17an dans un jeu sur la console Xbox One. Citant John Lawford, directeur administratif du Centre pour la défense de l'intérêt public (PIAC) à Ottawa, Radio-Canada rapportait que ce «genre de mésaventure se produit fréquemment au Canada et ailleurs dans le monde». 
Aux États-Unis, les cas de factures salées on fait l'objet de plainte auprès de la Federal Trade Commission, qui protège les consommateurs contre les pratiques trompeuses et non compétitives, ajoutait M. Lawford.
Cela se produit aussi avec des enfants qui prennent le téléphone des parents pour jouer lorsque le mode transactionnel est activé sans vérification additionnelle.
Quant au forfait de données des cellulaires gonflant les factures mensuelles, Laurence Marget, directrice générale du Groupe de recherche en animation et planification économique de Québec (Le GRAPE), souligne que c'est le lot de plusieurs étudiants et même d'adulte.
«Souvent, les jeunes prennent un forfait de base incluant une limite pour les données, mais ils dépassent rapidement la limite. Cela ne se produirait pas s'ils utilisaient les réseaux sans fil gratuit pour naviguer sur le Web et dans les applications des réseaux sociaux.»
Elle note que les forfaits pour le cellulaire au Québec sont très chers au Québec comparativement aux contrats offerts en Europe ou aux États-Unis. Le dépassement des coûts de l'utilisation des données pèse lourd dans l'endettement des étudiants.
Du côté des factures de jeux sur Facebook notamment, c'est le lot des gens qui ont entre 40 et 45 ans. «Ils oublient rapidement de faire le lien entre la monnaie virtuelle et leur compte de crédit. Ils oublient les principes de base de la vigilance et de la prévoyance», insiste-t-elle.