La présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique, Lucie Martineau

Le syndicat veut connaître les fonctionnaires «de trop» de Legault

«Présentez-moi vos voisins fonctionnaires qui se tournent les pouces!» La présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, Lucie Martineau, met au défi le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, de lui pointer les employés du gouvernement qu'il juge «inefficaces» et «en trop».
«Qu'il me dise dans ceux qu'il connaît à l'Assemblée nationale qui se traîne les pieds», insiste-t-elle, lui donnant le choix parmi les employés de l'accueil, de la sécurité ou du restaurant le Parlementaire qui lui servent son «petit lunch».
Mme Martineau réagissait mercredi aux propos de M. Legault, qui lors de son lancement de campagne, mardi, a affirmé qu'il fallait profiter des retraites des prochaines années pour réduire le nombre de fonctionnaires dans les bureaux.
«Ceux qui sont les mieux placés pour savoir qu'il y a trop de monde, ce sont les gens de Québec, parce qu'ils ont tous des voisins, ils ont tous des gens qu'ils voient qui pourraient travailler de façon plus efficace», avait ajouté le caquiste, reprenant un thème exploité lors de la bataille électorale de 2012.
«C'est d'la vieille affaire», juge d'ailleurs Mme Martineau, qui déplore que la CAQ et l'Action démocratique du Québec avant elle n'aient jamais été capables de lui prouver que la fonction publique québécoise était paresseuse et faisait de l'embonpoint. Au contraire, dit-elle, avec la cure de minceur qui lui a été imposée dans les dernières années, les services sont menacés.
La présidente cite en exemple la hache qui a été mise dans les services d'inspection du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation ou par la Régie du bâtiment, une situation qui lui fait craindre le pire. «C'est plate à dire, mais Mégantic, c'est ça. Toute la déréglementation, c'est ça, on a coupé du monde, on a limité le plus possible nos interventions parce qu'on n'a plus le personnel pour le faire», dénonce-t-elle. Lucie Martineau croit par ailleurs que si M. Legault veut taper le clou des dépenses du gouvernement, il devrait plutôt s'en prendre aux contrats accordés au privé dans le domaine de l'informatique.