Séminaire Saint-Alphonse

Le Séminaire et Lavoie seuls responsables, disent les Rédemptoristes

Le recours collectif des victimes d'abus sexuels devrait être accueilli, ont plaidé les Rédemptoristes, mais seulement contre Raymond-Marie Lavoie et le Séminaire Saint-Alphonse.
Raymond-Marie Lavoie
Me Jean-Philippe Lincourt, l'un des avocats des Rédemptoristes a fait cette affirmation jeudi au cours de sa plaidoirie. À la surprise du juge Claude Bouchard. «Ah bon, vous croyez que le recours devrait être accueilli?» a demandé le magistrat.
Oui, a répondu l'avocat, mais seulement à l'égard de Raymond-Marie Lavoie, prêtre coupable d'agression sexuelle sur 13 victimes, et du Séminaire Saint-Alphonse, devenu le Collège Saint-Alphonse.
Ainsi, ces deux défendeurs devraient être les seuls condamnés à payer des dommages.
Selon la preuve faite par les demandeurs, seule la congrégation des Rédemptoristes est à même de payer des dommages, ayant une valeur patrimoniale d'environ 100 millions $.
Raymond-Marie Lavoie, un prêtre ayant fait voeu de pauvreté, n'aurait pas de possession. Le Collège Saint-Alphonse existe toujours sur le plan administratif, avec une demi-douzaine d'administrateurs selon le Registraire des entreprises, mais déclare n'avoir plus aucun salarié. Ni plus ni moins qu'une coquille vide, a déjà illustré son avocat.
La corporation des Rédemptoristes - Me Lincourt a utilisé au minimum l'expression congrégation - n'avait en fait pas le contrôle sur le Séminaire Saint-Alphonse, a plaidé l'avocat, et ne peut donc être tenue responsable des gestes fautifs des prêtres.
Oui, la corporation était le principal bâilleur de fonds de l'école privée et y affectait ses prêtres comme enseignants, mais elle n'avait pas d'emprise sur les opérations du Séminaire, ajoute Me Lincourt.
Le Séminaire avait sa personnalité juridique distincte et, en tant qu'employeur, est le seul responsable, juge-t-il.
Comme ses collègues, l'avocat des Rédemptoristes estime par ailleurs que le recours est prescrit parce que Frank Tremblay l'a intenté trop tardivement.
Et il ne faut pas oublier, ajoute Me Lincourt, que plusieurs autres facteurs, outre les abus sexuels, sont venus miner la vie de Frank Tremblay. Il cite notamment des prédispositions génétiques et le décès de son père dans son enfance.