Coalition Avenir du Quebec leader Francois Legault responds to questions during a news conference on Tuesday March 11,2014 in Quebec City. THE CANADIAN PRESS/Clement Allard

Le référendum nuisible à la CAQ, constate Legault

La Coalition avenir Québec (CAQ) recule dans les intentions de vote lorsque le débat référendaire fait surface, constate François Legault, qui croit que les mauvais sondages peuvent plomber son parti.
Dans un terreau aussi fertile que la région de Québec, la CAQ est confinée loin derrière ses deux adversaires, selon un coup de sonde Léger-FM93. L'exercice donne 19 % à la CAQ, contre 39 % pour les libéraux et 32 % pour le Parti québécois (PQ). 
La sortie du baron de la presse Pierre Karl Péladeau, le poing levé, qui promet d'oeuvrer à faire un pays, a ramené le référendum au coeur des débats, constate le chef caquiste. «Quand on commence à parler de référendum, il y en a qui reviennent à leurs vieilles habitudes : les souverainistes avec le PQ, les fédéralistes avec le PLQ [Parti libéral du Québec]», remarque M. Legault. Selon lui, Pauline Marois a perdu les élections lorsqu'elle a joué la carte Péladeau. 
Malgré le passé indépendantiste de son chef, la CAQ doit maintenant convaincre qu'elle ne déclencherait pas de consultation sur l'avenir du Québec. François Legault en fait le serment : ceux qui ne veulent pas de référendum ne sont pas confinés au PLQ. «Moi, je prends un engagement sur mon honneur, croyez-moi, il n'y en aura pas de référendum pendant quatre ans», a insisté M. Legault. 
La CAQ offre donc un «deux pour un» aux fédéralistes, puisqu'elle baissera aussi leurs taxes, poursuit-il. 
Les sondages négatifs, comme le Léger, peuvent avoir un effet d'entraînement et influencer la population, convient le chef de la CAQ. 
Le salut pour le jeune parti réside dans sa capacité à faire entendre son message, croit François Legault. Son «anticampagne», qui consiste à annoncer des gels, des coupes, des freins à des projets, en échange de baisse de taxes et de création d'emplois, doit faire son chemin dans l'opinion. «Si les électeurs préfèrent des anneaux de glace couverts à une baisse de taxes, je vais assumer leur choix», dit M. Legault. 
Couillard prudent
De passage en Beauce, Philippe Couillard est resté prudent lorsqu'il a été questionné sur la légère montée de son parti dans la région de Québec.
Le chef libéral, qui dit souvent «qu'un vote pour la CAQ est un vote pour le PQ», pense toutefois que les électeurs de la capitale peuvent en effet avoir l'intention de voter libéral pour contrer le PQ maintenant qu'à ses yeux, l'enjeu référendaire de l'actuelle campagne est clair.
«Les gens le disent : "Il est clair qu'on ne divisera pas le vote." Si on veut changer le gouvernement, la seule alternative crédible est le Parti libéral du Québec.»
Et ce, partout au Québec, selon M. Couillard qui a refusé de se lancer dans le jeu des prédictions pour la région de la capitale.
Effet du sondage ou non, chose certaine, le chef libéral a réussi son retour dans la région de Québec jeudi soir. Lesmilitants qui l'ont accueilli dans une salle bondée de la circonscription de Montmorency étaient de loin les plus enthousiastes depuis le début de la campagne. M. Couillard a visiblement été énergisé par la foule, livrant un discours dynamique et particulièrement cinglant envers les visées référendaires de Pauline Marois.
En matinée, à Lévis, la chef du Parti québécois s'en est tenue à son habitude de ne pas commenter un sondage. Pauline Marois n'a pas voulu répondre si l'enquête d'opinion lui fournit des pistes pour effectuer une percée auprès de l'électorat de la région de Québec.
La veille, à Québec, elle a confessé qu'elle ne comprenait pas pourquoi sa formation n'a pas davantage de succès - une circonscription sur les neuf du Québec métropolitain. «Je reste confiante que nous irons chercher la confiance des citoyens de la belle région de la capitale», s'est-elle contentée de dire.
L'Écosse, un modèle de clarté, selon Couillard
La question référendaire qui sera posée en Écosse en septembre est un «exemple de clarté», selon Philippe Couillard. «Il me semble que le Royaume-Uni est très intéressant. La question était claire : "Voulez-vous que l'Écosse devienne un pays indépendant. Oui ou non?"» a répondu le chef libéral lorsque questionné sur le libellé d'une éventuelle question à un troisième référendum sur la souveraineté du Québec.
«C'est un exemple de clarté. Et je ne fais pas allusion à la loi qui porte le même nom», a pris soin de préciser M. Couillard.
«C'est la clarté par rapport à la confusion. Le Parti québécois maintient les Québécois dans un monde de merveilles. C'est Pauline Marois au pays des merveilles. On va se séparer mais on va continuer à se promener dans le Canada, il n'y aura pas de problèmes!» a-t-il raillé.
«Elle nous dit qu'on va garder la même monnaie, on va être comme avant. La souveraineté dans le fond, on n'en a peut-être pas besoin, a lancé M. Couillard. Qu'est-ce que c'est que ce monde imaginaire?»  
La fin des agences de santé
Le chef caquiste François Legault revient à la charge avec sa promesse d'abolir les agences de santé. 
Il considère qu'il s'agit d'une structure bureaucratique superflue dont les responsabilités pourraient être confiées aux 95 centres de santé et de services sociaux du Québec (CSSS). 
Hormis pour Montréal, où une «structure souple de coordination serait maintenue» en raison du grand nombre d'établissements, les ressources et la main-d'oeuvre des agences seraient redistribuées dans les CSSS. 
Comme dans le cas des commissions scolaires, le chef caquiste prévoit pouvoir réduire le nombre d'employés uniquement par les départs à la retraite.
Avec la collaboration de Michel Corbeil et Valérie Gaudreau