À sa neuvième année consécutive à Québec cette fin de semaine, près de 90 000 personnes se sont entassées le long du parcours glacé, témoignant de la constante popularité du Crashed Ice dans la capitale, selon Patrice Drouin de Gestev.

Le Red Bull Crashed Ice à Edmonton en 2015

Le Red Bull Crashed Ice ne s'arrêtera pas à Québec l'an prochain. La multinationale a décidé de présenter en 2015 un seul événement en sol canadien à Edmonton.
«Il faut dire que ça fait quelques éditions qu'on discute de l'avenir du sport au Canada», lance le président de Gestev, Patrice Drouin, pour expliquer la décision quasi inévitable de l'entreprise de boissons énergisantes.
L'homme et son équipe, qui présentent la course de patinage extrême depuis neuf ans dans la capitale, demeurent philosophe depuis l'annonce de cette nouvelle.
«On a toujours dit que la présentation du Crashed Ice est un cadeau. On trouve ça sain qu'on aille ailleurs. On n'est pas amer. On est heureux d'avoir contribué à l'essor de ce sport, d'avoir fait vivre une expérience extraordinaire aux gens de Québec et d'avoir contribué aux retombées économiques», qu'il estime de 10 à 11 millions $ par année.
La décision de Red Bull en est une d'entreprise, précise M. Drouin. L'autrichienne veut agrandir son marché. Edmonton devenait une opportunité puisque la Ville s'était montrée intéressée à présenter une épreuve du championnat pendant la saison 2012-2013. L'événement s'était finalement déroulé à Niagara.
«Ce n'est pas un rejet de Québec. Ç'a été une expérience incroyable de pouvoir obtenir du succès d'année en année. Le Red Bull s'est enraciné à Québec et il a permis aux entreprises de développer une expertise dans les grands événements, par exemple en sonorisation et en production télé, raconte l'organisateur. D'ailleurs, Gestev accompagnera Red Bull dans son aventure albertaine. On sera impliqué à Edmonton comme on l'a fait à Niagara.»
M. Drouin soutient travailler de façon ouverte avec Red Bull. Les relations demeurent si bonnes qu'il garantit même un retour de la compétition dans la capitale pour une 10e présentation. «Est-ce que ça va être une alternance aux ans ou aux deux ans? On ne sait pas.»
La seule chose assurée est la présentation de 2015 à Edmonton. Reste aussi à savoir quelle place occupera l'épreuve dans le calendrier.
À la recherche d'un nouvel événement
Le maire Régis Labeaume souhaite dénicher rapidement un nouvel événement sportif qui pourrait pallier le départ du Crashed Ice.
«Oui, ça va créer un vide, mais il fallait s'y attendre. Est-ce qu'il y a une compétition d'hiver qu'on peut amener ici? Est-ce qu'il y a un produit de remplacement? On est en discussion.» Le maire a confirmé avoir mandaté le président-directeur général du Centre des congrès, P. Michel Bouchard, de faire le «plein de discussions» lors de son passage en avril au Congrès SportAccord en Turquie.
Pour M. Labeaume, la perte est immense, mais il respecte la décision de Red Bull. «Ils mettaient 5 millions $ d'investissements. Nous, on mettait 390 000 $ pour des retombées de 11 millions $. C'était pas beaucoup. Ils ont maximisé les retombées du Crashed Ice en termes de vente de leur produit. Ils veulent développer de nouveaux marchés. Je pense que c'est une bonne décision. Edmonton, c'est une ville de hockey.»
Le maire souhaite bonne chance à Edmonton. Cependant, il croit qu'il leur sera difficile d'atteindre la même popularité que Québec. «Ils ont tenté l'expérience à Niagara et ça n'a pas été un succès. Avoir du succès ailleurs autant qu'ils en ont à Québec, c'est difficilement reproduisible. Il n'y a pas une ville intramuros, il n'y a pas le même mobilier urbain, les pentes énormes qu'on connaît. Ça ne sera pas facile de retirer des images aussi spectaculaires qu'ici», conclut-il.