De Montréal à Sept-Îles, de Gaspé à Sorel en passant par Québec, les activités liées à la présence du Saint-Laurent ne manquent pas. Les citoyens vivant dans la région de Québec et de Lévis sont en mesure de le constater, comme l'illustre ce cliché pris depuis la Terrasse Dufferin, aux pieds du Château Frontenac.

Le Québec vers une «révolution maritime»

«Révolution maritime». Ces mots sont ceux du ministre Jean D'Amour, qui résume ainsi sa réflexion et celles des partenaires qui souhaitent doter le Québec d'une stratégie maritime.
Le sujet sera amplement débattu aujourd'hui, 28 octobre, lors de la Journée maritime 2014, qui réunira à Québec des représentants du secteur maritime, des élus locaux et régionaux et différents acteurs du milieu. Des députés de tous les partis présents à l'Assemblée nationale ont prévu prendre part aux travaux de la journée. 
Le Soleil rapporte les attentes de l'industrie et une entrevue avec le député-ministre de Rivière-du-Loup.
<p>Le ministre Jean D'Amour coordonne la préparation de la stratégie maritime du Québec. </p>
Stratégie maritime: Québec veut les ports fédéraux
La rétrocession des ports fédéraux sous juridiction québécoise, la création de quelque 30 000 emplois d'ici 15 ans et l'ajout d'un DEP (diplôme d'études professionnelles) pour les futurs matelots : voilà quelques-unes des pistes qu'envisage le ministre Jean D'Amour pour la future stratégie maritime du gouvernement québécois.
Dans une entrevue au Soleil, à l'occasion de la Journée maritime qui réunit aujourd'hui à Québec les grands responsables de l'industrie maritime, des élus locaux et régionaux ainsi que des représentants de tous les partis présents à l'Assemblée nationale, M. D'Amour n'hésite pas à parler d'une «révolution maritime» pour le Québec en lien avec le nouveau Plan Nord et l'entente de libre-échange avec l'Europe; et pour contribuer à la formation de la main-d'oeuvre, l'ajout d'un DEP.
La négociation concernant le transfert éventuel des ports fédéraux sous juridiction québécoise a été récemment amorcée avec la ministre fédérale des Pêches et des Océans, Gail Shea, pour laisser au Québec la juridiction des grands ports fédéraux, dont ceux de Gros-Cacouna, Baie-Comeau, Rimouski, Gaspé, Matane et Cap-aux-Meules, et cela avec une pleine compensation financière pour la mise à niveau de ces infrastructures.
«On est en analyse, mais il faut une compensation financière intéressante pour la mise à niveau des infrastructures. Si Québec récupère ces installations portuaires, il nous faut une stratégie de développement et que ça tienne la route financièrement. Récupérer pour récupérer, ça me dit pas grand-chose», a dit le ministre, sans quantifier ce que pourrait être la compensation fédérale pour la rétrocession des ports, le sujet devant faire partie de la négociation.
Ottawa doit aussi confier des contrats aux chantiers maritimes du Québec, croit le ministre. «L'avenir de la Davie est en partie là», a dit M. D'Amour.
Dès qu'ils seront attachés, plusieurs projets peuvent avancer en même temps, dit le ministre responsable de la Stratégie maritime. «Depuis que je suis ministre, on me parle de projets pouvant créer parfois 75 ou 100 jobs. Je me déplace dans un autre endroit et on me présente un projet de 50 millions $. Il y a des ports prêts à aller de l'avant. À Bécancour, à Trois-Rivières, à Valleyfield, on me parle de cabotage et on évoque le Plan Nord. Il y a le pôle logistique en Montérégie qu'il faut mieux définir. Il y a aussi des projets de terminaux de croisières que je veux faire avancer rapidement», dit Jean D'Amour, pour qui l'environnement fait partie de l'équation.
«On ne veut pas plancher sur un projet pendant six mois sans avoir l'environnement avec nous. Il faut chercher un équilibre.» Le ministre a donné un exemple de cet équilibre, soit la région de Québec et de Lévis, où il y a un port pétrolier, un quai de croisières, un chantier maritime et une importante zone touristique dans un rayon de quelques kilomètres.
«On ne va pas faire croire que nous ajouterons 200 millions $ demain matin à la stratégie maritime, mais, de manière chirurgicale, à travers des fonds d'Investissement Québec, du programme des infrastructures si la négociation avec Chantiers Canada se termine, il faut se trouver une voie de passage financière. Mais il faut d'abord définir la stratégie qui doit se bâtir avec l'industrie, les armateurs, les pilotes, les administrations portuaires avant de mettre de l'argent», prend soin de préciser M. D'Amour.
«Il faut donner une vie au port de Gros-Cacouna»
«Dans le projet de terminal pétrolier de TransCanada, peut-être que l'environnement est arrivé un peu tard. Ce n'est pas un jugement, mais une situation», selon le ministre D'Amour. 
Interrogé sur un possible achat, puisque TransCanada a déjà exprimé son souhait d'acheter le port, le ministre dit «ne pas être contre», mais ça pose plusieurs questions. 
«Est-ce que ce projet pétrolier va réellement se réaliser? Qu'arrive-t-il du port si jamais il était vendu et que le projet ne se réalisait pas?» se demande le député-ministre de Rivière-du-Loup. «À ce moment-ci, je ne suis pas vraiment convaincu d'une cession de Gros-Cacouna», a dit le ministre.