Présent au palais de justice de Québec jeudi, le père Jean-Claude Bergeron n'a pas témoigné, car son avocat réclame que tout le témoignage de son client se fasse à huis clos.

Le procès du Rédemptoriste Bergeron de nouveau ajourné

Le procès criminel du père rédemptoriste Jean-Claude Bergeron est, pour la deuxième fois, interrompu. Il ne reprendra qu'en juin, au grand déplaisir des plaignants, qui déplorent ces multiples reports.
Le père Bergeron, 73 ans, a été arrêté à la fin septembre 2010 et accusé d'attentat à la pudeur et de grossière indécence sur sept anciens élèves du Séminaire Saint-Alphonse.
Il a commencé à subir son procès devant le juge Jean-Pierre Dumais trois ans plus tard, le 11 novembre dernier.
Prévu pour cinq jours, le procès a été ajourné après seulement quatre journées puisque l'avocat du père Bergeron, Me Michel Massicotte, disait vouloir obtenir les transcriptions des audiences pour mieux préparer sa défense.
Le procès a repris hier avec le témoignage de l'accusé. Il a été à nouveau ajourné après deux jours, avant même que le père Bergeron ne soit interrogé sur les faits qui font l'objet des accusations.
Les deux parties se reverront le 20 juin et les 10 et 11 juillet. Jean-Claude Bergeron poursuivra son témoignage et sera ensuite contre-interrogé par la procureure de la Couronne, Me Carmen Rioux.
Les victimes alléguées, dont certaines suivent le procès dans la salle d'audience, vivent péniblement ce nouveau délai. «C'est intolérable d'étirer la sauce comme ça», commente l'un d'eux.
Pour Frank Tremblay, requérant principal au recours collectif et victime du père Raymond-Marie Lavoie, c'est à se demander si les avocats du père Bergeron étirent les procédures pour éviter d'avoir un jugement avant que le procès civil ne soit clos. «Le père Bergeron est arrêté en 2010, là on est en 2014 et au rythme où vont les choses, on n'aura pas un jugement avant 2015, fait remarquer M. Tremblay. On peut se poser la question pourquoi.»
Le recours collectif contre les Rédemptoristes arrive à sa toute fin; les parties feront leurs plaidoiries durant la semaine du 17 mars. Le juge Claude Bouchard prendra ensuite la cause en délibéré durant quelques mois avant de rendre son jugement.