Yulia Stepanova

Le président de l'IAAF demande aux athlètes de dénoncer les cas de dopage

Le président de la Fédération internationale d'athléthisme (IAAF), Sebastian Coe, a déclaré que la dénonciatrice Yulia Stepanova a montré un exemple que d'autres athlètes devraient suivre.
«Il s'agit d'une occasion en or, qui ne se représentera pas nécessairement, que notre sport devrait saisir, a-t-il dit jeudi. Il s'agit d'un moment historique.
«Ils sont là, en bordure de piste, ils font partie des groupes d'entraînement. Ils savent quels entraîneurs ne travaillent pas de façon intègre. Ils peuvent nous aider et c'est très important.»
Il y a un peu plus d'un an, Stepanova a aidé à étaler au grand jour le scandale de dopage de la Russie, alors que son conjoint, un ex-dirigeant antidopage du pays, et elle ont amassé une importante preuve sur le système de dopage implanté dans leur pays.
Mercredi, elle a participé aux Championnats d'Europe d'athlétisme à titre d'athlète neutre, une importante percée pour les athlètes qui pourraient détenir des informations sur le dopage, mais qui craignent les conséquences professionnelles que pourrait entraîner une dénonciation.
Malheureusement, elle s'est déchiré un ligament au pied droit dans sa vague de 800 m, compliquant davantage sa qualification en vue des Jeux de Rio de Janeiro le mois prochain.
«Premièrement, j'aimerais dire que je ne souhaite pas que ce soit la fin de l'histoire, a indiqué Coe. Et je fais cette offre à tous les athlètes. Si vous pensez que vous pouvez nous aider à mettre fin à ce fléau plus rapidement, si vous pouvez nous aider à comprendre à nature du défi auquel nous faisons face, saisissez cette occasion à pleines mains et parlez.»
Bannis des Jeux
Les athlètes russes sont bannis de toutes compétitions internationales, dont les Jeux olympiques, en raison du dopage systémique qui sévissait au pays. Coe a indiqué que 136 Russes ont soumis une demande afin de pouvoir participer aux JO de façon indépendante. Il a toutefois refusé de discuter de cas individuels.
Coe a ajouté qu'après une rencontre entre les dirigeants du Comité international olympique (CIO) et ceux de l'athlétisme au cours des dernières semaines, il a été convenu «qu'il est très important de créer un environnement ou la compétition est égale pour tous les athlètes, pas seulement pour le sport, mais de façon générale».
L'espoir des athlètes russes de participer aux JO de façon indépendante est mince cependant: le CIO croit que les athlètes doivent représenter leur pays. Stepanova a pour sa part indiqué qu'elle ne serait pas la bienvenue au sein de l'équipe russe après ses dénonciations.
Le CIO a par contre adouci sa politique, jeudi, en évoquant la possibilité que Stepanova puisse participer aux Jeux à titre d'athlète neutre. Le Mouvement olympique a indiqué avoir demandé un avis à sa commission éthique.
Stepanova est la seule athlète russe aux Championnats d'Europe. Coe souhaite qu'elle soit le fer-de-lance du mouvement.
«Je n'en veux pas aux athlètes d'être passionnés et d'exprimer leurs opinions sur ce sujet, mais ils ont aussi la responsabilité de nous aider et de faire partie de la solution, pas seulement que de rester là à ne rien faire.»