Le vibrant plaidoyer souverainiste du candidat vedette dans Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau, le poing levé, le 9 mars, a été identifié par plusieurs répondants du sondage Léger Marketing comme un tournant de la campagne.

Le PQ «victime» de la peur, selon Pauline Marois

Philippe Couillard est parvenu à «manipuler» les électeurs au point où la peur d'un référendum nuit à la campagne du Parti québécois (PQ), estime la chef Pauline Marois.
«Les Québécois actuellement se sont faits, dans le fond, un peu malmener ou manipuler dans un sens par M. Couillard qui a voulu faire croire que nous faisions une élection sur un référendum», a déclaré Mme Marois, mardi.
La leader souverainiste estime que les péquistes sont «victimes d'un chef de parti, M. Couillard qui, comme il n'a vraiment rien à proposer de neuf, d'audacieux, se rabat sur des arguments de peur».
Hier, un sondage Léger-Journal de Montréal réalisé auprès de 3700 personnes, le premier depuis le débat, a placé les libéraux à 40 % dans les intentions de vote, contre 33 % pour le PQ et 15 % pour la Coalition avenir Québec (CAQ). L'avance du PQ chez les francophones n'est plus que de 10 points, à 40 % contre 30 % pour les libéraux.
Le vibrant plaidoyer souverainiste de son candidat vedette dans Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau, le poing levé, le 9 mars, a été identifié par plusieurs comme un tournant de la campagne. Le moment où les feux se sont braqués sur la question référendaire que Mme Marois cherche depuis à repousser. 
«Très fière de sa campagne», la chef péquiste n'a «aucun regret» devant cette sortie dont elle connaissait la teneur. «Je suis très fière de l'arrivée de M. Péladeau au sein de mon équipe, dit-elle. [...] Vous savez, c'est un homme d'affaires qui a fait ses preuves. Il a simplement fait la déclaration qui était tout à fait pertinente et justifiée et nous en avions convenu ensemble.»
Il n'est pas question pour le PQ de rajuster sa position sur le référendum. «J'ai toujours dit que jamais je ne bousculerais les Québécois, indique Mme Marois, que c'était leur rythme, que ce n'était pas une priorité, que ma priorité était de faire avancer le Québec.»
La chef péquiste entend approcher le débat des chefs de demain de la même façon que le précédent. «Je crois que j'ai bien défendu les orientations que je propose et je vais continuer comme ça jusqu'à la fin de la campagne», affirme Mme Marois.
«Pas impossible», dit Legault
À Laval mardi matin, François Legault a pris acte du sondage Léger qu'il a commenté sans détour.
Encore une fois, le chef de la Coalition avenir Québec a dit ne pas comprendre que les Québécois puissent vouloir remettre au pouvoir le PLQ, une formation «usée et corrompue» qu'ils ont «déjà essayée». «Vous méritez mieux», a-t-il lancé aux électeurs.
La CAQ peut-elle encore espérer former le gouvernement le 7 avril? «C'est pas impossible», a laissé tomber M. Legault. «Mais on a toute une côte à remonter. Et il faut que les Québécois sortent d'une élection référendaire. Sinon, on va se retrouver avec un vieux gouvernement libéral usé qui n'a aucune nouvelle idée et qui va continuer le déclin tranquille du Québec.»
Après avoir attaqué Philippe Couillard sur le front de l'éthique lundi, François Legault a attaqué hier la capacité du chef libéral à défendre la nation québécoise et sa position sur les signes religieux.
«Philippe Couillard est à plat ventre devant l'aile de son caucus qui est plus multiculturaliste. D'ailleurs, on voit les liens avec Justin Trudeau», a lancé le chef caquiste. 
Avec Valérie Gaudreau