Députée libérale depuis 1994, Fatima Houda-Pepin a été expulsée du Parti en janvier après un désaccord sur la position de son chef Philippe Couillard sur la charte des valeurs et le porte de signes religieux.

Le PQ laisse le champ libre à Houda-Pepin contre Barrette

Le Parti québécois a décidé de ne pas présenter un candidat dans La Pinière pour laisser le champ libre à l'ex-libérale Fatima Houda-Pepin. Une première politique, croit Pauline Marois.
Le PQ a fait part de sa décision, vendredi. Mme Marois a lié le geste aux positions que défend l'élue sur la Charte des valeurs québécoises. Positions qui lui ont valu de se faire expulser du Parti libéral du Québec (PLQ) par son chef d'alors, Philippe Couillard.
Pauline Marois a révélé que ce sont des militants de la circonscription, située sur la Rive-Sud de Montréal, qui ont proposé à ses stratèges de ne pas opposer d'adversaire à Mme Houda-Pepin. Après consultation avec l'exécutif local, la proposition a été retenue. Un précédent? «Je n'en connais pas!»
Croisée à son bureau de circonscription de Brossard, Fatima Houda-Pepin a mis au point que «je n'ai rien négocié». Elle aurait appris la nouvelle par les médias. «Je n'ai rien demandé.»
Mme Houda-Pépin pourra concentrer ses énergies à combattre la vedette que Philippe Couillard lui oppose dans La Pinière, le Dr Gaétan Barrette. M. Barrette a déjà subi les foudres de Mme Houda-Pepin qui l'a traité de «transfuge» : en 2012, le médecin a été candidat vedette, mais d'une autre formation, la Coalition avenir Québec.
Fatima Houda-Pepin l'a accusé de mener sa campagne avec de l'argent qu'elle avait récolté pour le PLQ avant de devenir candidate indépendante. De son côté, elle ne pourra utiliser les fonds de l'association péquiste locale, a assuré Pauline Marois.
La première ministre sortante a louangé la candidate indépendante, même si elle demeure une fédéraliste convaincue. Elle trouve «profondément malheureuse l'expulsion [par le PLQ] de cette femme qui s'est tenue debout». La plateforme électorale péquiste a intégré la recommandation de Mme Houda-Pepin de créer un centre de recherche sur les crimes dits d'honneur et la lutte contre l'intégrisme.
Députée libérale depuis 1994, Mme Houda-Pepin a affronté son chef Philippe Couillard sur le port de signes religieux. Elle veut tous les interdire, alors que le PLQ est plus souple, limitant l'obligation à ce que les services de l'État soient donnés à visage découvert.
D'après le caquiste François Legault, la chef du PQ cherche à raviver le débat sur la charte en mettant Mme Houda-Pepin sur la sellette. Néanmoins, avec la séparation du vote libéral et l'absence de candidat péquiste, «on a plus de chances de gagner que jamais», estime M. Legault, qui n'a aucune intention d'adopter la même stratégie. Avec Simon Boivin