Le ministre sortant de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a justifié cette démarche en déclarant qu'à 13 jours de l'élection, le chef libéral Philippe Couillard avait un devoir de transparence face à ces activités.

Le PQ dépose une plainte au DGE contre le PLQ

Le Parti québécois (PQ) a déposé mardi une plainte au Directeur général des élections du Québec (DGE), lui demandant de faire enquête sur de présumées activités de financement illégal au Parti libéral du Québec (PLQ).
Le ministre sortant de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a justifié cette démarche en déclarant qu'à 13 jours de l'élection, le chef libéral Philippe Couillard devait rendre des comptes à l'électorat québécois.
«M. Couillard est avec un parti politique. Il nous dit qu'il veut gouverner le Québec. Il veut être transparent aujourd'hui?» a-t-il lancé, en faisant référence à la divulgation des avoirs du chef libéral.
«Que sait Philippe Couillard de cette activité?» a répété à plusieurs reprises M. Duchesne.
L'Unité permanente anticorruption (UPAC) avait réalisé une perquisition en juillet 2013 à la permanence du Parti libéral du Québec puis une autre, en novembre, dans des entreprises de l'ex-argentier du PLQ Marc Bibeau.
Des documents rendus publics au début du mois de mars en marge de ces perquisitions faisaient état d'une vingtaine d'activités de financement qui auraient permis au parti d'amasser plus de 700 000 $, dont une se serait traduite à elle seule par une entrée de fonds de 428 000 $.
Or, les registres du DGE ne font état d'aucune activité de financement ayant rapporté 428 000 $ au cours des 10 dernières années.
Selon les documents lourdement caviardés, de nombreux courriels faisaient état d'échanges d'enveloppes à Shockbéton, l'entreprise de M. Bibeau.
«Où est allé cet argent? Pourquoi ne pas avoir déclaré cette somme? D'où provient cet argent, M. Couillard? Est-ce que cet argent est utilisé dans la présente campagne électorale?» a martelé le candidat péquiste dans Borduas.
«Je n'étais pas là»
À Asbestos, où il a participé à un rassemblement militant pour sa candidate Karine Vallières, dans Richmond, M. Couillard a affirmé aux journalistes qu'il ignore tout de l'événement auquel M. Duchesne fait référence.
«Je n'ai aucune idée, je n'étais pas là, a-t-il dit. L'UPAC fera son travail. (...) Je suis chef depuis mars 2013.»
Pierre Duchesne a refusé d'admettre que la démarche du Parti québécois auprès du DGE s'inscrivait dans une tentative de sa formation de reprendre le haut du pavé, elle qui tire de l'arrière dans les sondages, mais il ne s'est pas gêné pour l'utiliser à des fins électoralistes.
«On est à la veille d'une élection et il faut le dire aux Québécois: le retour aux années libérales ça peut être une très longue visite chez le dentiste avec la drill sur la molaire pendant quatre ans», a déclaré M. Duchesne.
«Est-ce que les Québécois veulent revivre le cauchemar des dernières années? Des allégations de corruption, de collusion à toutes les semaines, à tous les mois?»
Il demande donc au chef libéral Philippe Couillard de dire ce qu'il sait de ces activités de financement, d'expliquer où est allé l'argent, pourquoi ne pas l'avoir déclaré au DGE et s'il est utilisé dans la présente campagne électorale.