Jean-Paul L'Allier

«Le plus grand maire de l'histoire du Québec» (De Belleval)

Je viens de perdre un compagnon d'armes. C'était un humaniste et un idéaliste. Pour moi, il a été le plus grand maire que le Québec ait connu.»
Sous le choc de l'annonce de la mort de Jean-Paul L'Allier, appris tôt mardi matin, lors d'un appel d'une journaliste de Radio-Canada, l'ex-directeur général de la Ville de Québec, Denis de Belleval, ne cachait pas sa peine devant la disparition d'un politicien devenu «un grand ami» au fil de ses deux mandats à l'hôtel de ville, de 1990 à 1995, puis de 2001 à 2006.
M. De Belleval, 76 ans, ne tarit pas d'éloges à l'endroit du disparu. «C'était un homme d'une grande culture au plan personnel. Aussi quelqu'un avec beaucoup d'humour et d'empathie. Il pouvait conter des blagues, toujours très fines, qui faisaient se tordre de rire. Il était très fidèle en amitié. Je me souviens qu'il nous offrait de petits cadeaux, nous écrivait des mots d'encouragement. Il m'a déjà fait livrer des fleurs, imaginez de la part d'un maire à son directeur général...»
Pour M. de Belleval, les citoyens de la capitale lui doivent beaucoup. Son amour pour le patrimoine et la culture ont contribué à façonner la ville que l'on connaît. «Les gens se promènent à Québec et s'imaginent que c'est Labeaumeville. C'est plutôt L'Allierville, ce sont ses réalisations qu'on voit.»
Autre témoignage
Luci Tremblay a également bien connu Jean-Paul L'Allier. L'ex-journaliste de Radio-Canada, devenue son attachée de presse et directrice adjointe de cabinet pendant trois ans, au début des années 2000, parle d'un «leader, d'un visionnaire et d'un grand sage».
«Ç'a été un grand privilège de travailler avec lui, explique-t-elle. J'ai appris vraiment ce que c'était le sens du devoir public. C'est un homme qui m'a donné beaucoup. Il m'a appris une grande leçon dans la vie, celle de toujours regarder en avant et de ne pas passer son temps à ressasser le passé. C'est une leçon que j'ai toujours appliquée dans ma vie.»