Philippe Couillard ne voit pas de menace sur la langue française, y compris À Montréal. Si le Parti québécois prétend le contraire, c'est «pour développer [chez les] Québécois une mentalité d'assiégés, de gens menacés».

Le PLQ s'en tiendra à son programme sur la promotion du français

Le chef libéral Philippe Couillard ne fera pas la promotion du français au-delà du programme que défend sa formation politique.
Interrogé sur «l'attention spéciale» qu'il promet d'accorder au français, M. Couillard a répondu qu'il ne fera «aucun compromis» quant au maintien de la loi 101.
«Je n'ai pas besoin de faire la promotion» de la langue plus avant que les engagements déjà pris, a-t-il précisé. Le Parti libéral du Québec (PLQ) préconise un meilleur enseignement de la langue, une meilleure intégration des immigrants et un meilleur soutien aux entreprises.
Le chef du PLQ ne voit pas de menace sur la langue française, y compris dans la métropole. Si le Parti québécois prétend le contraire, c'est «pour développer [chez les] Québécois une mentalité d'assiégés, de gens menacés».
«Si vous regardez les dernières données, et sur l'île de Montréal et ailleurs, il y a une adoption très majoritaire de la part des allophones et de nouveaux arrivants du français comme langue d'usage», a repris Philippe Couillard. «C'est net, c'est indubitable.»
«Direction positive»
Il a tenu à nuancer. Le dossier linguistique suit une «direction positive» dans la région métropolitaine. «Mais il va toujours nécessiter une vigilance de tous les instants», précise-t-il.
Comme il l'a fait, la veille, durant le combat télévisé des chefs, Philippe Couillard a plutôt vanté le bilinguisme. Les entreprises ont des difficultés de recrutement, a-t-il soulevé.
Quant à la population, a-t-il ajouté, «c'est un grand avantage pour ceux qui parlent français et pour quiconque d'être bilingue. Et je vais dire quelque chose que les péquistes n'aiment pas que je dise : il n'y a pas un seul parent au Québec qui n'espère pas que ses enfants ne seront pas bilingues.»
Repli» identitaire
Pour sa part, la chef péquiste dénonce le «manque total de jugement et de sensibilité» de son adversaire libéral dans le dossier linguistique. «Pour dissimuler son absence de volonté, il utilise un discours négatif qui associe l'affirmation du français à un repli» identitaire, a déploré Mme Marois.
La ministre sortante Diane De Courcy, qui s'est engagée vendredi à déposer une nouvelle Charte de la langue française, n'en «croit pas ses oreilles» lorsqu'elle entend les propos de M. Couillard sur le français en milieu de travail. «C'est un recul de 50 ans, s'est-elle indignée. Un refus de voir les Québécois s'épanouir en français.»
Pendant neuf ans, les libéraux ont fermé les yeux sur le recul de la langue française, particulièrement à Montréal, a-t-elle dénoncé. «La défense du français et de notre identité, ce n'est pas dans leur ADN», a lancé Mme De Courcy.