Bien préparées et avec un encadrement adéquat, les sorties d'aventure avec les enfants permettront d'ouvrir leurs horizons et d'accroître leur confiance et leur autonomie.

Le nouveau royaume de la princesse

Ma plus vieille est une princesse. Une vraie de vraie. Depuis toujours, dans sa vie colorée en rose, elle s'invente des aventures dignes des plus beaux contes de Disney. Le lot de bien des fillettes, qui ont d'instinct cette attirance pour les couronnes, les robes à froufrous et les souliers vernis. Ce qui fait qu'on en arrive à se demander si entre le château de Belle et les sentiers, il y a encore de l'espoir pour un jeune papa qui aime le plein air.
Une partie de la réponse m'est venue récemment après avoir eu vent de l'aventure d'une amie au mont Washington (1917 m). Avec ses deux fillettes de 6 et 8 ans bien sonnés, elle a réalisé cet été la randonnée - aller-retour - jusqu'au mythique sommet du New Hampshire, par Tuckermine Ravine.
Comblée à son retour par l'expérience, elle insistait sur l'importance de la préparation et les précautions à prendre pour faire un succès d'un tel périple avec des enfants de cet âge. De quoi inspirer tous les parents qui rêvent de partager de pareils moments d'aventure en famille.
Il restait à s'y mettre avec la princesse en chef! Ce n'est pas que l'idée de se lancer à l'assaut du plus haut sommet du nord-est américain était également au programme pour l'instant, mais plutôt que j'étais curieux de voir jusqu'où pouvaient aller en sentier les petites jambes de ma blondinette d'alors presque six ans - c'était son anniversaire mardi.
Car avec son tempérament plus artistique que sportif, elle n'est pas celle qui s'excite le plus quand vient le temps de se dépenser physiquement. Une marche en ville et elle se lasse rapidement, tandis que sa soeur de deux ans plus jeune fait penser au lapin Energizer. J'exagère à peine...
C'est donc avec diplomatie que le plan pour faire une sortie père-fille, juste tous les deux, a été présenté. Une véritable randonnée sac au dos où rien n'était assuré, sauf la ferme intention de tout faire pour que ce soit amusant autant pour elle que pour moi. Elle a acheté avec enthousiasme, bien qu'elle ne savait pas trop dans quoi elle s'embarquait.
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Avant même le départ, ce fut presque un échec. Une crise diplomatique a failli éclater. C'est qu'au moment où il fallait absolument trouver de nouvelles chaussures pour les pieds de Cendrillon en vue de notre escapade, les petits Salomon rouges suggérés par papa ne convenaient pas. «Est-ce qu'ils existent en rose?» a-t-elle demandé tristement devant le vendeur au magasin. Pas de chance...
Après un peu de négociations, la déception s'est finalement estompée et le fait de repartir avec de «vrais souliers de randonnée comme les grands» l'a emporté. Le rouge était soudainement devenu le nouveau rose...
Les problèmes de couleurs réglés, nous avons pu mettre notre plan à exécution. L'idée était de partir sans trop d'attentes dans un sentier connu et qui saurait plaire à la petite. Le choix s'est imposé de lui-même et c'est finalement la première partie du populaire sentier Les Loups, dans le Parc national de la Jacques-Cartier, qui a été choisie.
Les quelques jours à faire grandir l'anticipation en parlant de la sortie à venir laissaient présager une agréable balade. Question de jouer le grand jeu, l'aventure a été planifiée avec la petite comme s'il s'agissait de l'ascension de l'Everest... ou presque. La fierté qu'elle avait à préparer son propre petit sac à dos était belle à voir.
Puis, question de mettre toutes les chances de mon côté, je lui avais donné la mission de rapporter des images de l'«expédition» à sa soeur, encore trop petite pour nous accompagner. Un vieil appareil photo numérique a alors vite pris des allures de boîte magique entre ses mains.
Roches, champignons, plantes et insectes... tout y est passé. Très appliquée dans sa tâche, elle aura finalement pris plus de 300 photos (!!!), qu'elle a tenu à présenter comme il se doit une fois de retour à la maison. Une nouvelle passion était née!
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Les premières minutes sur le sentier m'ont fait douter. Mon objectif d'aller dîner au premier belvédère, à près de trois kilomètres de là et environ 300 mètres plus haut, semblait soudainement très optimiste.
À travers les pierres et les racines, la petite foulée de la fillette, plus habituée au bitume et au gazon plat de la ville, était lente et irrégulière. Visiblement, son équilibre était mis au défi.
Et ça montait! Mais la bonne humeur n'était aucunement entamée. Pendant qu'elle découvrait son nouvel environnement lentement mais sûrement, elle faisait la jasette en partageant ses observations sur la faune et la flore, s'assurant de saluer tous les autres randonneurs qu'elle croisait.
C'est d'ailleurs avec bonheur qu'elle a remarqué les quelques autres enfants en randonnée. Plutôt rares malgré l'achalandage en cette belle journée d'été, ils étaient tout de même la preuve que les petits ne réalisaient pas un exploit surhumain.
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Ce n'est que 45 minutes après le départ, alors que nous étions possiblement dans la partie la plus pentue de notre ascension, que le mot fatigue a résonné pour la première fois. La curieuse lasagne déshydratée promise à destination a permis de gagner du temps aisément.
Une bonne demi-heure plus tard, le pari était gagné. Du moins à moitié. Après une pause bien méritée - la lasagne était excellente -, le retour s'est amorcé. 
C'est dans la descente que j'ai alors remarqué la transformation. La princesse qui était entrée dans la forêt en matinée était désormais devenue une petite coureuse des bois!
Son pas était devenu plus assuré sur les cailloux et elle gambadait désormais avec confiance dans le sentier. À l'avant à tous les instants, elle se faisait un plaisir à devancer papa tout en dictant le rythme. Déjà, elle parlait de la fois où l'on reviendrait pour faire le sentier au complet.
Près de quatre heures plus tard, nous étions tout sourire et complices, de retour à notre point de départ.
Un nouveau royaume et de futures aventures allaient désormais faire rêver.
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