Mac Templeton (Éric Hoziel) et Jacques Mercier (Yvan Ponton) - notamment - seront de retour dans ce neuvième volet intitulé Lance et compte : la finale, prévu pour l'hiver prochain à TVA.
Mac Templeton (Éric Hoziel) et Jacques Mercier (Yvan Ponton) - notamment - seront de retour dans ce neuvième volet intitulé Lance et compte : la finale, prévu pour l'hiver prochain à TVA.

Le National ira-t-il en prolongation?

Quand Réjean Tremblay dit que la prochaine saison de Lance et compte sera sa dernière, je n'en crois pas un mot. Lui-même n'a pas l'air convaincu, au point de laisser la porte grand ouverte. «Si le monde en veut une, TVA va m'en commander une. La clé, c'est de trouver un thème porteur», m'a confié l'auteur sur le plateau de tournage de ce nouveau chapitre de la saga sportive, aux studios Mel's à Montréal.
Même la productrice Caroline Héroux est incapable d'affirmer avec certitude que c'est la fin. «Je n'y crois pas vraiment moi non plus, mais il faut savoir quand se retirer. Si on n'a pas de bonnes idées, je n'irai pas plus loin.»
Ainsi donc, Pierre Lambert, Marc Gagnon, Suzie Lambert, Jacques Mercier, Lulu, Mac Templeton sont tous de retour dans ce neuvième volet intitulé Lance et compte : la finale, prévu pour l'hiver prochain à TVA. Les comédiens rencontrés sur le plateau mercredi avaient tous la même réponse au sujet d'une éventuelle suite : «Tout dépend des cotes d'écoute.»
Marc Messier, lui, se montre philosophe : «On s'est fait nos adieux il y a deux ou trois ans, même chose il y a plus de 20 ans. On verra bien.» Autres points qui favorisent une suite : l'engouement des Québécois pour le hockey et l'éventuel retour des Nordiques.
N'empêche, on joue à fond la carte des adieux, et le plateau de mercredi avait toutes les allures d'un conventum. À quelques jours de la fin du tournage, on a réuni les deux auteurs avec qui Réjean Tremblay a écrit les premières saisons, Louis Caron et Jacques Jacob, de même que le réalisateur Jean-Claude Lord. L'ancien producteur Claude Héroux, qui a passé le flambeau à sa fille Caroline en 2001, était aussi du nombre.
Caroline Héroux avait 14 ans quand on a tourné les premières scènes en 1985. C'est en partie grâce à cette partisane des Nordiques, vivant pourtant à Montréal, qu'on a choisi Québec comme ville vedette de la série. «Mon père était un fan du Canadien, mais moi, c'était les Nordiques. J'adorais Jean-François Sauvé, je voulais l'épouser! J'aimais aussi Gilbert Delorme, les frères Stastny.» Ajoutons que O'Keefe, commanditaire de la série, était alors propriétaire des Nordiques.
Premier réalisateur, Jean-Claude Lord est convaincu que la série n'aurait pas marché autant si elle avait été située à Montréal. «L'organisation du Canadien posait tellement de conditions que ça devenait impossible. Et on n'aurait jamais pu réunir autant de figurants au Forum qu'au Colisée», affirme celui qui a réalisé quatre autres volets de la série, remplacé depuis par Frédérik D'Amours.
Dans cette nouvelle saison, Jacques Mercier choisit de revenir à Québec comme directeur général et président du National. Mais qui a pu penser qu'il s'entendrait avec l'entraîneur Marc Gagnon? Tous les deux entretiennent une farouche rivalité depuis toujours. «Ça remonte à l'époque où Mercier était son coach. Il a toujours eu un ascendant sur lui et sait très bien manoeuvrer», confie Marc Messier, éternel Marc Gagnon.
Marc et Suzie, qui ont déjà adopté un enfant, entreprennent des démarches de procréation assistée, une intrigue pour laquelle Réjean Tremblay a demandé conseil à Julie Snyder et à Pierre Karl Péladeau, qui s'y connaissent en la matière. La série se déroulera sur neuf mois, faites vos propres conclusions. Puis, sachez que la guerre entre Marc et Pierre Lambert pourrait s'arrêter ici. «Une rupture d'amitié ne peut pas durer une vie», affirme l'auteur.
On revient aussi sur le cas du joueur Philippe Lalumière (Dave Morissette), qui avait révélé son homosexualité dans la dernière série. «Je me suis demandé si c'était si simple que ça de sortir du garde-robe. Ce n'est pas aussi facile que tout le monde l'espérait. Lalumière a touché au bonheur, mais que se passe-t-il si tout dérape? Ce sera très dur pour lui.»
Rebondissements
La guerre s'intensifie entre les médias traditionnels et électroniques, un enjeu avec lequel Lucien Boivin et son souffre-douleur Maurice devront composer au Matin. Malgré ses nombreux rôles, Denis Bouchard se fait encore appeler Lulu dans la rue. «Surtout les gars, les filles m'appellent Hugo [d'Annie et ses hommes].» On ne le verra pas dans sa vie privée, pas plus avec sa femme (qui était jouée par Chantal Lacroix) qu'avec ses enfants.
À ceux qui craindraient qu'on étire la sauce, Caroline Héroux promet de sérieux rebondissements, et il n'est pas impossible que l'auteur ait choisi d'éliminer des personnages principaux. «On ne s'est imposé aucune balise», précise la productrice.
Et qu'advient-il des Jeunes loups? Réjean Tremblay, qui n'a pas digéré les critiques acerbes dont sa série a été l'objet, élabore actuellement les intrigues de la deuxième saison, toujours pas confirmée par TVA. L'auteur a notamment rencontré Luc Picard pour discuter de l'orientation de son personnage.
Les années Lance et compte
Au départ, en 1984, Lance et compte devait être produite à Radio-Canada et tournée majoritairement en studio. Devant l'ampleur de la production, on a plutôt opté pour un tournage cinématographique, une petite révolution dans le monde télévisuel. Dès sa diffusion en 1986, la série est un phénomène.
Quand le producteur Claude Héroux décide de déménager la série à Télé-Métropole en 1989, Radio-Canada prétend détenir les droits exclusifs de Lance et compte. S'engage alors une bataille juridique dont M. Héroux sort gagnant. Six téléfilms seront diffusés à TVA au cours de la saison 1990-1991.
Après 11 ans d'absence, les personnages revivent en 2002 dans Lance et compte : nouvelle génération à TQS. Maintenant seul auteur, Réjean Tremblay ne tiendra pas compte des téléfilms pour la suite de l'histoire.
Lance et compte revient à TVA par la grande porte en 2004 pour La reconquête.
En 2010, Pierre Lambert et les autres passent au grand écran. Dans Lance et compte : le film, plusieurs membres de l'équipe meurent dans un grave accident d'autobus. La production est très mal reçue par la critique.