Kevin Lowe et Wayne Gretzky en 2005, lors d'un match de la Coupe Memorial.

Le long parcours d'un Diable rouge

Il fait partie des joueurs de l'histoire des Remparts de Québec, toutes générations confondues, ayant connu de belles carrières dans la LNH. Bien sûr, les noms de Guy Lafleur, Michel Goulet et Simon Gagné ont marqué leur époque. Ancien capitaine des Diables rouges, Kevin Lowe n'en finit plus d'ajouter des chapitres à un livre déjà fort consistant.
À 54 ans, il y a déjà bien longtemps que les patins sont accrochés au clou de la retraite. N'empêche, l'adolescent qui ne devait même pas terminer son premier camp d'entraînement dans le hockey junior est aujourd'hui un homme de hockey influent. Il en est à sa quatrième mission olympique à titre de membre de l'état-major de l'équipe canadienne.
«Quand je suis parti pour Québec, à l'automne 1976, ma mère pensait que je reviendrais quelques jours plus tard. Finalement, je ne suis jamais rentré à la maison», me racontait-il, ces derniers jours, pendant une séance d'entraînement de la formation à la feuille d'érable.
Il a coulé beaucoup d'eau sous les ponts depuis ses trois années avec les Remparts de 1976-1977 à 1978-1979. Il a joué 19 saisons dans la LNH, remportant la Coupe Stanley à six reprises. Après avoir été l'entraîneur-chef et le directeur général des Oilers, il en est maintenant le président.
«Je conserve de très bons souvenirs de mon séjour avec les Remparts. Je restais en pension chez la famille Giguère, et aussi chez M. et Mme Paquet. Lorsqu'on revenait, il y avait toujours deux ou trois tartes sur la table pour nous... Les Remparts n'étaient pas aussi populaires que ceux du temps de Lafleur, mais c'était quand même spécial de jouer pour eux. Ça doit être encore la même chose aujourd'hui», disait-il en faisant allusion à Marc-Édouard Vlasic, un produit de la seconde génération dont il note la fiabilité depuis plusieurs années.
Lowe avait été l'un des deux choix de première ronde des Remparts, l'autre étant Michel Goulet. Inséparables, ils avaient aussi été réclamés au premier tour du repêchage de la LNH en 1979, l'un au 20e rang par les Nordiques, l'autre au 21e par les Oilers.
À 19 ans, on l'avait nommé capitaine des Remparts. «J'étais assez intense, j'avais un mauvais tempérament», racontait-il en riant, ponctuant la discussion d'anecdotes, comme son fameux lancer frappé dans le vestiaire pour réveiller ses coéquipiers à l'occasion...
Il n'a pas oublié le plaisir de jouer sous les ordres de Ron Racette, qui était allé à la rencontre de la famille pour le convaincre de se pointer à Québec au lieu de se tourner vers le collège Loyola (maintenant l'Université Concordia), une tradition familiale chez cette famille de Lachute. À Québec, il a fréquenté le Collège St. Lawrence, mais devait s'y rendre avec le transport en commun parce que l'entraîneur interdisait à ses joueurs de conduire une voiture.
Coloc de Gretzky
Tout premier choix des Oilers, il s'est vite lié d'amitié avec un jeune blondinet portant le numéro 99. En fait, les deux coéquipiers ont partagé le même appartement à leur première saison dans la LNH.
«À la deuxième journée du camp, Wayne Gretzky m'avait demandé si je voulais qu'on se loue un logement ensemble. Je lui avais dit que je ne pensais même pas faire l'équipe. ''Ne t'inquiète pas pour ça'', qu'il m'avait répondu. Ce fut le début d'une belle relation avec lui.»
Plus tard, Gretzky a pris la direction de Los Angeles, leur chemin se séparant jusqu'en 2000, lorsque le téléphone de Kevin Lowe sonna. Au bout du fil, la Merveille.
«Il voulait que je travaille avec lui au sein de l'équipe canadienne. De tous mes souvenirs dans le hockey, c'est sûrement le plus beau. Qu'il me considère, ça me touchait beaucoup.»
Lowe en est à sa quatrième aventure olympique, mais aussi sa dernière. Il rêve d'une victoire contre la Russie en finale, lui qui a déjà affronté les Soviétiques de Tretiak en 1982 (Championnat mondial) et 1984 (Coupe Canada).
Il s'informe de la construction du nouvel amphithéâtre de Québec et ne doute pas du retour de la LNH dans la Capitale. «J'ai tellement de souvenirs de votre ville, voilà pourquoi j'aimerais que ça revienne. Selon moi, ça va se faire.»
Ça donnera l'occasion à l'ancien des Remparts de revenir aux sources!