Jean-François Fortin est député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia

Le leader du Bloc québécois favorable à Péladeau... avec des réserves

Même s'il accueille plutôt favorablement la venue de Pierre Karl Péladeau au sein du Parti québécois, le leader parlementaire par intérim du Bloc québécois, Jean-François Fortin, exprime certaines réserves, principalement sur les plans du respect des droits des travailleurs et sur son possible pouvoir d'influence sur les médias.
«Je suis conscient qu'il a des pratiques syndicales, entre autres le lock-out, qui ont laissé leur marque», admet le député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia. «Sur le point de vue du respect des travailleurs, de la manière dont il a géré le conflit de travail, j'ai un désaccord profond entre la manière dont les choses auraient dû être faites et le résultat.»
Le politicien fait ici référence au long conflit de travail des employés du Journal de Montréal qui a pris fin en 2011 après 764 jours et qui s'est soldé par 165 mises à pied.
Le député bloquiste partage également les inquiétudes de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, qui considère que «le mélange entre une éventuelle haute fonction politique au gouvernement et la propriété de 40 % de l'information au Québec est explosif».
«C'est certain qu'il y a une grande préoccupation à y avoir, laisse-t-il tomber. Il faudra que tous les mécanismes puissent être mis en oeuvre pour éviter qu'il y ait conflit d'intérêts ou apparence de conflit d'intérêts. Le Parti québécois, tout comme le gouvernement, aura à y réfléchir si M. Péladeau est élu.»
Cette situation rappelle au parlementaire le cas de Paul Martin lorsqu'il était ministre des Finances du Canada et qui, en 2004, avait placé en fiducie sa compagnie de navigation, Canadian Steamship Lines, au nom de ses deux fils.
«On disait que les décisions qu'il pourrait prendre comme ministre des Finances pouvaient avoir une incidence ou une influence sur le cours des actions des compagnies et sur la situation économique», explique-t-il.
Le député Fortin pousse la réflexion encore plus loin, en donnant comme exemple le cas de l'ancien premier ministre de l'Italie, Silvio Berlusconi, qui était propriétaire d'un conglomérat médiatique. «Il y a peut-être des problématiques qui ont été vécues là qui pourraient nous inspirer», suggère-t-il.