Le jugement dernier/Le Requiem de Verdi est présenté à la salle Louis-Fréchette, les 1er, 3 et 4 août à 20h.

Le jugement dernier/Le Requiem de Verdi: dramatique sans être un opéra

Le chef d'orchestre Ira Levin a dirigé toutes les oeuvres importantes de Giuseppe Verdi sauf une, le Requiem. Sa première participation au Festival d'opéra de Québec, en plus de lui donner l'occasion de réaliser ce rêve, lui permet de faire enfin ses débuts en terre canadienne, confie-t-il au Soleil.
<p><i>Le jugement dernier</i>/Le <i>Requiem</i> de Verdi </p>
<p><i>Le jugement dernier</i>/Le <i>Requiem</i> de Verdi</p>
Natif de Chicago, Ira Levin a dirigé plus de 1000 représentations depuis son entrée en carrière, il y a maintenant près de 30 ans. Son parcours est impressionnant. Assistant de Michael Gielen à l'Opéra de Francfort en 1985. Premier directeur de l'Opéra de Brême de 1988 à 1996, puis du Deutsche Oper am Rhein de Düsseldorf de 1996 à 2002. Nommé au Theatro municipal de São Paulo, en 2001, il devient le premier Américain à assurer la direction de l'une des plus grandes compagnies d'Amérique du Sud. Enfin, en 2013, il devient premier chef invité du mythique Teatro Colón de Buenos Aires.
Ira Levin a entamé son parcours musical au piano, remportant un certain nombre de prix importants. Il a vite cherché à élargir son horizon, d'une part vers la composition, puis bien sûr, vers la direction d'orchestre. «Je n'ai jamais eu envie d'être seulement un pianiste», fait-il valoir.
Dans la lignée de Aïda
Le Requiem est peut-être l'une des plus grandes oeuvres de Verdi, mais ce n'est pas un opéra, rappelle par ailleurs le chef. Cela dit, «c'est une oeuvre très dramatique, stylistiquement proche de Aïda, de Don Carlos ou des opéras composés peu de temps après». À l'époque de sa création, le compositeur avait même essuyé des critiques à cause de son style jugé assez peu religieux.  
Les nuances inscrites dans la partition sont établies en fonction d'une disposition de type concert, les exécutants rassemblés sur la même scène. Or, dans le concept imaginé par le metteur en scène Paolo Miccichè, seuls les solistes et les choristes seront visibles. L'Orchestre symphonique de Québec, lui, jouera depuis la fosse, comme à l'opéra. 
Le chef prévoit déjà que certains ajustements seront nécessaires afin d'assurer l'équilibre entre voix et instruments. «J'agirai exactement comme un chef d'opéra, en dirigeant des interprètes qui chantent sur scène et de mémoire», dit-il.  
Tous les interprètes, aussi bien les choristes que les solistes, chanteront leur partie par coeur. C'est d'ailleurs ce qui rend cette production unique. À Cannes et à Moscou, là où le spectacle conçu par le metteur en scène Paolo Miccichè a été d'abord présenté, le choeur utilisait la partition. 
Cette situation est peut-être délicate, mais la difficulté qu'elle pose n'a rien de comparable avec ce que Ira Levin a pu rencontrer au cours de sa carrière. «J'adore les défis, indique le maestro. J'aime m'y mesurer d'une manière positive. J'aime aussi les mises en scène qui posent de nouveaux défis. C'est l'avantage d'avoir travaillé pendant des années dans le réseau des maisons d'opéra allemandes. Ça vous oblige à une grande flexibilité.» 
Diriger Tristan und Isolde, Die Frau ohne Schatten ou Moses und Aaron, ou encore Falstaff, à moins de 24 heures d'avis, sans même répéter au préalable? Il l'a fait. «À partir du moment que les oeuvres sont inscrites au répertoire, on cesse de les répéter. J'ai littéralement dirigé des centaines d'opéras sans répéter au préalable.» 
«Vous savez, à l'opéra, tout est possible», lance le chef, sourire en coin.
Le plus important, dit-il, c'est de trouver la bonne manière de gérer le facteur psychologique.
Sa réputation de chef calme et respectueux semble le précéder. Ce n'est pas par hasard si on lui a proposé le poste de premier chef invité du Teatro Colón. «Je ne suis pas du genre à crier sur les gens. C'est la raison pour laquelle j'ai eu cet emploi.»
Richard Strauss disait que c'est à 50 ans qu'un chef commence à bien diriger. «Le talent est une chose, mais l'expérience joue un très grand rôle», conclut Ira Levin.
Vous voulez y aller?
Quoi : Le jugement dernier - Le Requiem de Verdi. Mise en scène de Paolo Miccichè
Qui : avec Latonia Moore, soprano, Eleni Matos, mezzo-soprano, Manrico Tedeschi, ténor, Luis-Ottavio Faria, basse, l'Orchestre symphonique de Québec et le Choeur de l'Opéra de Québec. Direction : Ira Levin, chef d'orchestre
Où : salle Louis-Fréchette
Quand : les 1er, 3 et 4 août à 20h
Billets : 47 $ à 99 $
Tél. : 418 643-8131