Richard Vallée se prenait pour un justicier vaguement déguisé comme le Joker de Batman.

Le «Joker» meurtrier écope 10 ans de prison

Le «Joker meurtrier» Richard Vallée a été condamné vendredi à 10 ans de pénitencier pour l'homicide involontaire de son voisin du quartier Saint-Sauveur en 2012.
<p>La carabine tronçonnée de calibre .308 ornée de l'inscription joker à l'envers.</p>
Une fois soustraite la détention purgée en attendant la peine, Vallée sera derrière les barreaux pour encore un peu plus de quatre ans et demi.
Se prenant pour un justicier vaguement déguisé comme le Joker de Batman, Vallée a pénétré le 7 février 2012 chez son voisin Alain Delisle, rue Hermine, dans Saint-Sauveur. En pleine psychose, Vallée croyait que Delisle, citoyen sans histoire et aidant naturel d'un vieil homme, gardait deux filles séquestrées afin de les faire travailler comme prostituées.
Le «Joker» a brandi son fusil tronçonné de calibre 308 et a abattu son voisin de deux balles à l'abdomen. Alain Delisle, 48 ans, est mort presque instantanément.
En février 2015, un jury a reconnu Vallée coupable d'homicide involontaire. Les jurés ont estimé qu'en raison de son état mental troublé, l'artiste vagabond et ex-cocher ne pouvait formuler l'intention précise de tuer.
Estimant que le geste se rapprochait davantage du meurtre que d'un accident, la Couronne recommandait une peine de 16 ans de détention. La défense estimait que les cinq années de détention déjà purgées étaient suffisantes et suggérait que Richard Vallée soit plutôt confié à un hôpital de la Mauricie et à une maison spécialisée dans les cas psychiatriques, dans le cadre d'une probation.
Aucune recommandation retenue
Le juge Richard Grenier a indiqué qu'il ne pouvait retenir aucune des deux recommandations. «Retenir la position de la défense ne tiendrait pas compte des antécédents judiciaires de l'accusé et du caractère violent du crime, a expliqué le juge Grenier. Et si j'acquiesçais à la demande de la poursuite, ce serait écarter le verdict d'homicide involontaire du jury.» 
Le magistrat s'est ensuite adressé à l'accusé. «Le crime que vous avez commis est un crime horrible, mais l'état dans lequel vous étiez est un facteur atténuant, a indiqué le juge. Je souhaite que vous continuiez à suivre vos traitements.»