Jean-Philippe Le Guellec n'a commis aucune faute lors de ses deux présences au champ de tir, en plus de terminer l'épreuve en 24 min 43,2 s, soit à quatre secondes du podium.

Le Guellec s'élance en grand pour son clan

«Mon petit coeur bat vite!» De Québec, Michèle Robichaud, la femme de Jean-Philippe Le Guellec, ne tenait plus en place avant le début de la première épreuve de biathlon des Olympiques de Sotchi où son mari a finalement inscrit «une solide» cinquième position.
Un iPad sur les genoux pour suivre la totalité des résultats, la télévision syntonisée au bon poste - après l'avoir trouvé, ce poste - et un autre iPad posé sur la table diffusant, lui aussi, les images de la compétition. On n'est jamais trop prudent.
Pour les troisièmes et derniers Jeux de Le Guellec, la médecin militaire a pris la décision de ne pas se rendre en Russie. Elle avait été du voyage pour Vancouver et, cette fois-ci, c'est de la maison de ses parents, à Sainte-Foy, entourée d'amis, qu'elle s'est lancée dans cette aventure olympique.
Le favori du groupe a enfin pris le départ au 65e rang du sprint de 10 km. L'attente avant de voir Le Guellec s'élancer sur le parcours de Krasnaïa Polyana aura permis à tous de se familiariser avec le biathlon, un sport rarement diffusé sur nos écrans. «Ça, c'est Martin [Foucarde], il a de bonnes chances de gagner. Euh, je veux dire d'arriver deuxième, après J.P.», a commenté Michèle Robichaud avec un sourire.
«Chut! Chut! Chut! Il arrive aux tirs.» La douzaine d'invités - sans compter les nombreux bébés - est réellement embarquée dans la course alors que le dossard 65 a glissé pour la première fois vers le champ de tir. Cible après cible, l'athlète de Val-Bélair a été parfait, cinq en cinq, et a permis à ses fans de respirer un peu mieux.
Le biathlète a ensuite accéléré la cadence au ski avant de tirer un autre sans faute pour sa deuxième et dernière présence au champ de tir. «Allez, mon chum! Envoye, envoye, envoye!» Michèle Robichaud n'avait pas à se rendre jusqu'en Russie pour vivre cette frénésie olympique avec son amoureux, dont le frère et les parents ont fait le voyage.
Record canadien aux JO
Skiant d'un pas assuré jusqu'à la fin, Le Guellec s'est écroulé après avoir franchi la ligne d'arrivée en 24 min 43,2 s, en cinquième position, son meilleur résultat aux Olympiques, qui devient du coup la plus grande performance masculine du biathlon canadien aux JO.
«Whoa! C'est malade. Il est à seulement quatre secondes du podium», a réalisé son épouse, émue et soulagée. «Il ne se lance presque jamais au sol après ses courses, il a vraiment tout donné!»
Jean-Philippe Le Guellec a finalement devancé Martin Foucarde (6e) et sera dans une excellence position pour la poursuite de 12,5 km de lundi (10h) puisque le départ se donnera selon l'ordre d'arrivée du sprint d'hier.
Il s'élancera neuf secondes après le gagnant du jour, la légende vivante, le Norvégien Ole Einar Bjoerndalen. «Ouf! Ça va être une poursuite excitante», a lancé sa femme qui devrait vivre de telles émotions à quatre autres reprises durant cette quinzaine.