Jacinthe Deblois et Donald Bilodeau consultent Maxime Bougie pour la planification de leurs placements.

Le gros bon sens pour préparer l'avenir

À l'âge de 59 ans, Donald Bilodeau a décidé de prendre sa retraite comme employé de CANAM. Il y avait des mises à pied temporaires, il a choisi de faire partie du lot.
Quelques semaines de prestations de chômage et ce fut la retraite définitive après 41 ans de services. Il y pensait depuis quelque temps, depuis plusieurs années, même. Il avait une date en tête. Il n'a pas dérogé de son plan.
Ni mathématicien ni fiscaliste, encore moins actuaire, cet ouvrier n'en savait pas moins calculer avec justesse. Et lorsqu'il dit qu'il se préparait depuis des années, il ne fait pas de blagues. Il savait dans la quarantaine qu'il lui faudrait économiser pour passer une belle retraite avec sa conjointe.
«Dès la quarantaine, j'avais décidé de prendre ma retraite pas trop tard. J'ai pris les moyens pour y arriver avec de la planification à long terme. À 44 ans, je prenais des REER avec le fonds de la FTQ. Il fallait faire des économies, confie-t-il. Même lorsque notre fonds de retraite a chuté à cause de la Bourse, je n'ai pas fait comme d'autres au travail en rachetant mon fonds.»
À 63 ans, il ne craint pas l'avenir. «J'ai fait de bons choix. Je n'ai pas de dettes. Et je me suis même acheté de l'équipement pour travailler sur ma terre à bois, il n'y a pas longtemps. Je n'ai aucune inquiétude», a-t-il affirmé lors de la rencontre avec son conseiller financier, Maxime Bougie, à la Caisse du Sud de la Chaudière, à Saint-Georges.
M. Bougie lui rappelle même qu'il a pris des REER conjoints parce que sa femme n'avait pas de régime de retraite collective. 
L'importance de prévoir
Lorsqu'on l'écoute raconter comment il a choisi d'augmenter à 15 % sa participation au lieu du 3 % dans le régime de retraite à cotisations déterminées de l'entreprise, on comprend facilement l'importance qu'il accorde à la prévoyance. «Je voulais prendre ma retraite jeune», explique-t-il.
Lorsqu'il expose les conseils qu'il donnait à ses confrères de travail de l'usine, que ce soit sur le fonds Capital régional et coopératif Desjardins ou les REER du Fonds de solidarité de la FTQ, on comprend qu'il fait partie des oiseaux rares qui savent économiser pratiquement depuis la naissance.
«Les jeunes d'aujourd'hui, ose-t-il pendant que sa conjointe Jacinthe Deblois acquiesce, veulent tout maintenant. Une grosse maison, l'auto de l'année, et un paquet de gadgets.» Il raconte comment il a contracté son emprunt hypothécaire pour la maison et comment il l'a payé en deux ans à peine. Et il a agrandi la demeure familiale au fur et à mesure des besoins.
S'il avoue ne pas avoir fait de budget de manière très précise, il savait où allait son argent. Mieux encore, avec les REER qu'il prenait chaque année, les chèques de remboursement d'impôt n'étaient pas encaissés pour effectuer des achats, mais réinvestis en vue de la retraite. «Cet argent n'était pas attendu», poursuit Mme Deblois. «Alors on replaçait l'argent», complète M. Bilodeau.
Révision périodique
Pour le couple, il n'était pas question de faire comme leurs parents qui s'étaient privés toute leur vie pour les besoins des nombreux enfants pour se retrouver simplement avec les pensions du Québec et du fédéral, selon le cas. Le gros bon sens les a guidés tout au long de leurs démarches pendant leur vie active. Le régime de retraite à l'usine, ça ne comble pas tout les besoins, pas plus que les montants de la Régie des rentes et la pension du Canada, ajoute M. Bilodeau.
Alors, il s'est donné les moyens avec sa conjointe et un conseiller financier de se préparer à long terme en revoyant périodiquement les choix de placements et les objectifs pour les vieux jours.
«Je ne me suis pas trompé», conclut-il avec le gros bon sens démontré dès le début de l'entrevue. «Je ne m'inquiète pas, même lorsque j'aurai 80 ou 85 ans», lance-t-il, ajoutant qu'il songe à investir cette année dans des régimes d'épargne-études pour ses petits-enfants.