La Société de développement économique du Saint-Laurent et l'Association des armateurs du Saint-Laurent militent pour l'utilisation du fleuve pour le transport maritime de courte distance.

Le fleuve Saint-Laurent, une autoroute sous-utilisée

Une meilleure utilisation du fleuve Saint-Laurent pourrait grandement contribuer au désengorgement des routes québécoises, estiment Nicole Trépanier et Martin Fournier, respectivement de la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES) et de l'Association des armateurs du Saint-Laurent.
Alors que le trafic sur le Saint-Laurent est stable, les routes québécoises, en particulier les autoroutes dans les secteurs de Montréal et de Québec, semblent fonctionner au ralenti en raison de la congestion, une congestion qui pourrait être évitée, croit Mme Trépanier.
«J'ai fait deux voyages en quelques jours à Montréal récemment et j'ai été renversée par le nombre de camions sur l'autoroute. C'était un record de camions sur la 20!» s'exclame-t-elle.
«Pendant ce temps, nous avons la possibilité de mettre en valeur une autoroute naturelle sous-utilisée, le fleuve Saint-Laurent, qui peut prendre du volume», ajoute Mme Trépanier.
«Les coûts de la congestion sont payés par l'ensemble des citoyens. Ces coûts sont les retards qu'elle cause, le coût environnemental, parce que les camions brûlent davantage de carburant par tonne transportée [...] Il y a des coûts sur la sécurité, sur la santé et sur les infrastructures, quand on pense à l'état de nos routes [...] Il faut réduire l'impact de ces coûts et faire valoir le bénéfice socioéconomique», affirme M. Fournier.
Mobilisation
Nicole Trépanier souhaiterait voir les mouvements écologistes voués à la protection des bélugas se mobiliser sur l'enjeu de la congestion des routes et ses conséquences sur l'environnement.
«Je n'entends jamais : "Assez, la congestion des routes". Je veux avoir une vision à 360 degrés. Chaque mode de transport a sa place, les camions comme les autres. Toutefois, on a raté notre coup en oubliant de prendre les transports globalement et planifier là où chaque mode est à son meilleur», dit-elle.
Martin Fournier sait que le travail de changement de perception s'étend à long terme. «Il faut changer les réflexes. Chez bien des expéditeurs, quand il y a un besoin de transport, c'est le camionnage tout de suite, sans hésitation. Ils n'ont pas l'habitude de voir ailleurs. Ils veulent simplifier.»
La SODES travaille à un projet désigné par l'acronyme TMCD, pour «transport maritime courte distance», selon lequel un ou des navires pourraient assurer des liaisons le long du golfe et de l'estuaire, longitudinalement par opposition, mais en complémentarité, aux traversiers existants. «Nous sommes au stade des études», note Nicole Trépanier.