«Le dossier est priorisé par la Ville de Québec et par le gouvernement du Québec. Là, on répond présent», a confirmé jeuid le ministre fédéral des Infrastructures, Denis Lebel.

Le fédéral dit oui à l'anneau de glace couvert de Québec

Coup de théâtre dans le dossier de l'anneau de glace à 100 millions $ : le gouvernement Harper réserve 32,5 millions $ pour ce projet après une semaine de rebondissements politiques. Régis Labeaume, lui, jubilait.
«J'ai de la misère à enlever ce sourire-là de mon visage», a dit le maire de Québec dès son arrivée à un événement au port de Québec où il devait prononcer un discours.
Le ministre canadien de l'Infrastructure, Denis Lebel, venait tout juste d'annoncer dans un point de presse surprise convoqué 90 minutes à l'avance qu'Ottawa donne son feu vert à ce projet tant prisé par M. Labeaume.
«Nous réservons le 32,5 millions $ pour le dossier de l'anneau de glace», a annoncé M. Lebel dans les bureaux régionaux des ministres conservateurs, avenue Belvédère.
L'argent se trouve dans l'ancien programme d'infrastructures datant de 2007 et qui vient à échéance le 31 mars, a confirmé le ministre. Un fonds qui, jusqu'à tout récemment, ne semblait pas contenir assez d'argent pour financer le projet. 
«Les vérifications ont été faites, et il y a assez d'argent pour faire le projet», a assuré M. Lebel jeudi. «Le Québec peut prendre l'argent qui reste disponible et nous, nous en faisons une priorité», a-t-il ajouté. «On sait que la Ville de Québec priorise l'anneau de glace. Le Québec dans son dernier budget a dit qu'il priorisait l'anneau de glace. Bien aujourd'hui, on répond présents aussi», a-t-il martelé.
M. Lebel n'a pu dire avec certitude jeudi combien d'argent reste dans le fonds de 2007, notamment pour les autres municipalités. «Il en reste assez pour faire ce projet-là», a-t-il simplement indiqué. 
Cette position du gouvernement Harper est un nouveau revirement qui a pris par surprise la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, qui doute de la provenance des fonds (lire l'autre texte).
Les maires des autres villes qui ont aussi des projets d'infrastructures de loisirs et sportifs en attente de financement devront quant à eux se rabattre sur le nouveau Fonds Chantiers Canada, qui prévoit que ce type d'équipement sera dorénavant subventionné par le Fonds de la taxe sur l'essence. Cette portion du nouveau plan d'infrastructure prévoit 21,8 milliards $ pour les municipalités.
M. Lebel s'est bien défendu jeudi d'avoir changé d'idée dans ce dossier. «On a toujours dit depuis 2007 que le Québec pouvait prioriser l'anneau de glace», dit-il.
Le ministre a aussi certifié que les 32,5 millions $ seront toujours disponibles après le 31 mars. Et ce, peu importe si jamais il y avait un changement de gouvernement à l'issue d'éventuelles élections provinciales. «L'argent reste. On a travaillé avec les deux gouvernements au fil des ans», a assuré M. Lebel.
Régis Labeaume se disait «heureux» de pouvoir réaliser son «premier gros engagement» pris il y a six ans. M. Labeaume a été invité à la conférence de presse pour l'annonce des fonds disponibles, «mais on a convenu tous les deux que, pour éviter que je sois pris dans une querelle fédérale-provinciale, on évitait ça».
«Tant mieux pour nous autres!» s'est-il exclamé. «Ce qui est important pour moi, c'est qu'on ait l'argent et qu'on construise l'anneau de glace.»
Les travaux devraient débuter sous peu. «Ça veut dire normalement, à moins que ça soit contesté, qu'on devrait aller rapidement pour la construction de l'anneau de glace parce que il faut faire vite. Il y a des critères, il y a des limites dans le temps pour les sommes dont il parle. Il devrait changer les règles et les limites, mais on ne devrait pas bretter et on devrait aller de l'avant le plus rapidement possible.»Le maire a d'ailleurs enclenché le processus dès jeudi matin. Il a rencontré les fonctionnaires et leur a demandé de se mettre à l'ouvrage. 
Centre d'entraînement national 
À terme, la ville de Québec sera équipée d'un centre d'entraînement national qui desservira tout l'est du Canada, incluant l'Ontario, a insisté Régis Labeaume. «La Ville de Québec, je trouve qu'elle est très généreuse de mettre 32 millions $ dans un centre d'entraînement national, mais on le fait pour bien des raisons.»
Notamment celle d'éviter la construction d'un aréna, puisque l'anneau de glace couvert, rappelle-t-il, abritera aussi deux patinoires. Une «économie» de 25 millions $, calcule l'administration Labeaume.
Les patineurs longue piste pourront s'y entraîner plutôt que de s'exiler à Calgary, dit-il. Et l'équipement ne profitera pas uniquement aux athlètes de pointe, mais aussi aux citoyens de Québec. «On s'assume comme une ville nordique et on va être équipé comme une ville nordique», a dit M. Labeaume.
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Les patineurs contents et confiants
L'annonce du feu vert fédéral pour l'anneau de glace couvert à Québec a autant surpris que réjoui la Fédération de patinage de vitesse.
«On ne l'a pas vu venir», a lancé son directeur général, Robert Dubreuil. Il souligne la façon dont s'est faite cette annonce, loin du caractère officiel auquel nous ont habitués les gouvernements. Mais peu importe la forme, c'est le fond qui compte, dit en somme M. Dubreuil.
«Pour nous, ce qui est important, c'est que les trois paliers ont maintenant donné un appui formel et officiel», a-t-il réagi. «Il y a une différence entre dire que c'est un beau projet et attendre les autres paliers. Mais là, de voir un chiffre de 32,5 millions $ dans un budget provincial et voir un ministre fédéral convoquer les médias pour faire une annonce, c'est tout autre.»
M. Dubreuil est conscient que l'anneau n'est pas encore bâti. Mais il se dit très confiant. «On est très contents, c'est positif. Oui, il va y avoir d'autres discussions politiques. Des gens seront pour, des gens seront contre. Il faut que les gens comprennent que c'est une infrastructure pour favoriser l'activité physique. Les patineurs vont pouvoir en profiter à l'année. C'est un projet qui va toucher beaucoup de monde», a-t-il dit.