Le procureur de la Couronne Jean-Roch Parent

Le dossier criminel du procureur Jean-Roch Parent s'alourdit

Le dossier criminel du procureur de la Couronne Me Jean-Roch Parent s'alourdit de 14 nouvelles accusations, notamment de conduite dangereuse et de voies de fait armées envers son ex-conjointe et le nouveau compagnon de cette dernière.
Pour la troisième fois depuis le début de juin, Jean-Roch Parent, 38 ans, a été arrêté jeudi soir par la police de Québec.
Il faisait déjà face depuis le début juin à des accusations de harcèlement sur son ex-conjointe et de non-respect d'engagement.
Le 28 août dernier, Jean-Roch Parent a été acquitté de deux accusations d'intimidation et de harcèlement qui visaient une personne de son entourage et le nouveau conjoint de son ex.
Le jour même où il recevait cette bonne nouvelle, le procureur de la Couronne, suspendu avec solde depuis le début des procédures, a rencontré son ex-conjointe et le nouveau copain de celle-ci. Le procureur aurait commis un geste agressif alors qu'il était au volant de sa voiture.
Jean-Roch Parent a été accusé vendredi midi de conduite dangereuse et de voies de fait armées sur chacun des plaignants.
Il a aussi vu s'ajouter deux accusations de harcèlement ainsi que huit de non-respect des conditions.
Ambiance lourde
Cette nouvelle comparution s'est faite dans une ambiance lourde.
La salle d'audience, habituellement bourdonnante d'activité, a été rapidement désertée par tous les collègues de Jean-Roch Parent, tant ceux de la Couronne que ceux de la défense.
Le procureur, qui se défendait seul depuis juillet, a annoncé qu'il avait retenu les services d'un nouvel avocat, Me Alexandre Tardif, qui travaille dans un cabinet à Sherbrooke.
Présente par vidéocomparution, la procureure de la Couronne fédérale, Me Geneviève De Passillé, s'est opposée à la remise en liberté de son collègue de la Couronne québécoise et a demandé la révocation du cautionnement.
La nouvelle enquête sous cautionnement a été fixée à mardi après-midi. La défense a déjà annoncé qu'elle allait demander l'assignation des plaignants comme témoin.
La Couronne a refusé aussitôt. «C'est un dossier dans un cadre conjugal, notre intention, c'est que les plaignants ne soient pas présents et l'enquêteur témoignera.»
Me Jean-Roch Parent s'est adressé au juge Pierre Rousseau en insistant pour qu'à la prochaine étape, un juge soit bel et bien capable d'entendre la cause. «J'aurais voulu contester le délai de trois jours et avoir mon enquête sous cautionnement dès cet après-midi, a dit l'accusé. Mais je comprends qu'il n'y a aucun juge pour m'entendre maintenant. Ça me place dans une situation désagréable où je suis détenu sans motif jusqu'à mardi.»
Lors de la dernière enquête sous cautionnement, la juge Guylaine Tremblay de Trois-Rivières avait entendu la cause.