Le cycliste écrasé par la police de Québec est décédé

Le cycliste heurté par une autopatrouille de la police de Québec, mercredi, près de l'église Saint-Roch en basse ville, est décédé. Il s'agit de Guy Blouin, 48 ans. Un appel lancé sur Facebook invite les citoyens à se rassembler ce soir pour condamner ce qui est qualifié comme un «assassinat».
«Rassemblement pour dénoncer/condamner/hurler l'assassinat d'un cycliste hier [mercredi] après-midi dans Saint-Roch, 17h aujourd'hui sur le parvis de l'église Saint-Roch.»
En attendant le résultat de l'enquête menée par la Sûreté du Québec, le message inscrit sur la page créée au cours de la dernière heure ne laisse aucun doute sur le verdict populaire.
«Apportez vos vélos et vos idées, venez aussi à pied, on verra là-bas ce dont les gens ont envie», ajoutent les gens derrière Subvercité et Résistance citoyenne, qui se décrit comme un «collectif de mobilisation et d'éducation populaire de Québec, agissant pour un changement social radical.»
Il faut dire que le décès d'un cycliste, mercredi, heurté par une autopatrouille de la police de Québec, soulève beaucoup de questions. Le conducteur a reculé à haute vitesse sur la rue Saint-François avant de percuter la victime.
Une autopsie sera d'ailleurs effectuée afin de déterminer avec exactitude la cause du décès M. Blouin.
Une porte-parole de la SQ, Ann Mathieu, a indiqué qu'il y aurait peut-être de nouveaux éléments dans l'enquête. D'autres témoins pourraient se pointer et des policiers devaient être rencontrés.
L'agente Mathieu est demeurée prudente sur une hypothèse voulant que le conducteur de l'autopatrouille ait reculé pour bloquer le chemin au cycliste qui roulait, dit-on, en sens inverse.
Elle a affirmé qu'il y a divers témoins ayant perçu l'événement sous différents angles et qu'il est important de reconstituer la scène le plus fidèlement possible.
Entre-temps, les policiers municipaux impliqués demeurent en fonction.
Enquête indépendante réclamée
Ce matin, la ligue des droits et libertés réclame une véritable enquête indépendante pour faire la lumière sur l'accident. Son coordonnateur, Sébastien Harvey, se dit interpellé par l'événement qui s'est produit un peu après 13h à l'angle des rues Saint-François Est et du parvis, près de l'église Saint-Roch en basse ville.
«On réitère la nécessité de mener des enquêtes transparentes et véritablement indépendantes dans le cas où des policiers blessent ou tuent dans l'exercice de leur fonction», signale M. Harvey. En attendant la mise sur pied du Bureau des enquêtes indépendantes prévue par le précédent gouvernement, nous demandons qu'un mécanisme provisoire de surveillance des enquêtes de la police par la police soit mis en place.»
Pour appuyer ses dires, il cite en exemple le rapport Perreault sur le cas Villanueva dans lequel le coroner a clairement identifié que les lacunes du mécanisme d'enquête de la police par la police ont constitué des obstacles à sa recherche de la vérité. L'ombudsman de l'Ontario a pour sa part évoqué le fait que la présence de policiers dans les enquêtes sur la police créait un climat de complaisance,
M. Harvey rappelle que la clientèle qui fréquente le secteur, plutôt maginalisée, souffre déjà d'un manque de confiance envers la police. «Un événement comme celui-ci ne peut que rendre la tension plus palpable», soutient-il.
Avec La Presse Canadienne