Un poisson avec ça? Les otaries des Galápagos connaissent bien les habitudes des pêcheurs de l'archipel et elles se servent à même leurs lignes.

Le côté violent des Galápagos

Il y a les tortues, les otaries et les amateurs de surf, mais cette semaine, nos voyageurs ont vu un autre côté des Galápagos. Une histoire violente qui a façonné ces îles par le soufre et la lave.
Maxime Jean et Gabriel Valcour ont tourné des images dans ce tunnel creusé par une coulée de lave.
Il est 20h et Maxime est à l'autre bout du fil, content d'être de retour à l'hôtel. «Ça a été une marche assez éprouvante. On a fait un aller-retour de 24 km, dans la boue. Quatre heures de marche sur ce sentier-là, c'est long.»
L'équipe revient du Sierra Negra, un volcan. Et pas le moindre. À 11 km de diamètre, son cratère arrive au deuxième rang parmi tous les volcans actifs au monde, pour ses dimensions.
Depuis le début de la semaine, l'équipe se trouve sur l'île d'Isabella, la plus grande de l'archipel, et une des plus sauvages aussi. «Chaque île a sa propre personnalité, raconte Maxime. Isabella est la plus grosse et la moins développée. Toutes les rues sont en terre et il n'y a que trois hôtels. C'est très sauvage.»
L'occasion était belle de se pencher sur la géologie de ces îles, d'origine volcanique. Isabella est d'ailleurs la plus jeune et il faut savoir qu'en novembre 1979, une éruption du Sierra Negra avait envoyé un nuage de cendres à plus de 13 km d'altitude, avec une coulée de lave sur son flanc sud.
«Le volcan se trouve au sud de l'île. On est partis avec un petit cheval pour transporter le trépied et la nourriture. On a con­tourné le volcan avant d'entrer dans le cratère. On a pu voir une ancienne mine de soufre, et beaucoup de fumerolles. Ça ressemble à un glacier, mais c'est jaune, et plus le jaune est foncé, plus c'est chaud. Si on approche la main, on se brûle.»
Maxime explique que ce n'est pas seulement le passé des îles qui est volcanique. «Le présent aussi, car les îles les plus à l'ouest sont les plus récentes et leurs volcans sont en activité.»
Avant de se rendre sur Isabella, ils avaient d'ailleurs eu l'occasion de voir un des vestiges de ce processus. Sur l'île de Santa Cruz, ils ont pénétré dans un des tunnels de lave qui se forment quand le magma s'écoule et qu'il sèche rapidement. «Le magma continue de couler comme une rivière sous terre et lorsque l'écoulement ces­se, le boyau vide demeure», explique le voyageur.
«Notre crainte était de ne pas avoir assez d'éclairage pour tourner, mais on a fait des miracles avec une petite lampe de poche et une lampe frontale. C'était rudimentaire, mais on est satisfait des résultats.»
Le lendemain, pour se rendre à Isabella, l'équipe s'est de nouveau infligé une petite croisière. «La traversée dure deux heures et quart, à se faire brasser. On était dans un bateau à coque planante avec trois gros moteurs et ça cognait dur dans les vagues. J'ai beau être un marin, après deux heures, j'en avais assez. Puis, on est arrivés dans une baie protégée, et là, c'était paradisiaque. Aucune vague et une eau limpide, avec des raies qui passent sous le bateau.
Pendant la semaine, Grégoire (le caméraman) et le guide ont accompagné le propriétaire de l'hôtel pour filmer une séance de pêche. Bon pêcheur, il attrape huit poissons, mais c'était sans compter l'otarie qui les suivait. De toute évidence, elle connaît la musique. Elle a gobé trois des poissons avant que le pêcheur puisse les sortir de l'eau. «Elle mord dans le poisson sans toucher à l'hameçon, raconte Maxi­me, et elle ne le lâche plus. Le pêcheur a beau tirer sur sa ligne et tourner autour d'elle avec son bateau, elle ne lâche jamais prise.»
Il leur est tout de même resté cinq poissons, que le patron a cuisinés avec une vieille recette familiale. Délicieux, paraît-il.
Et plus qu'une semaine avant le retour.