Le coq de St-Victor fait la fierté du maire de ce petit village champêtre.

Le coq de St-Victor: oiseau de malheur! ***

Rendons aux Productions 10e Ave ce qui leur appartient : après des années de labeur, la compagnie de Québec vient de produire, coup sur coup, deux longs métrages d'animation de qualité. D'abord La légende de Sarila (2013). Puis avec Le coq de St-Victor : ils ont réussi à concocter un film qui va plaire à toute la famille, non seulement par la qualité de l'animation, mais aussi par les thèmes abordés et son humour bon enfant.
En entrevue, Pierre Greco n'a pas caché que le film se veut un hommage aux cartoons à la Chuck Jones, le créateur des célèbres personnages des Looney Tunes comme Bugs Bunny, Daffy Duck, Wile E. Coyote, Road Runner... Heureusement, le réalisateur a su éviter le piège de la nostalgie : Le coq de St-Victor a un look bien de son temps, grâce au travail d'animation de FrimaFX. Et il n'a pas à rougir de la crête quand il se compare à ce qui se fait à Hollywood.
Même si la prémisse du récit est assez simple. Le coq de St-Victor fait la fierté du maire de ce petit village champêtre. Réveillés tous les jours à 4h par ce coq zélé, les habitants mettent beaucoup d'ardeur au travail. Mais après sept ans de ce régime, ils décident de troquer le coq contre l'âne d'un village voisin. Le farniente s'installe et avec lui disparaît la fierté. Le village est laissé à l'abandon et la zizanie gagne du terrain... Certains, plus lucides, décident alors de former un escadron pour récupérer le réveille-matin animal.
Animal attachant
Évidemment, quand on fait un film avec un animal comme vedette, il faut s'assurer de le rendre attachant - pensez à Rémi le rat dans Ratatouille. Ce qui est le cas ici : la volaille en question a une bonne bouille et elle est fière comme un coq! Les animateurs et le réalisateur ont réussi à lui donner une personnalité et des émotions. À ce propos, la performance vocale de Gaston Lepage est épatante. Elle donne une vie propre à cet oiseau de malheur (du moins pour tous ceux qui n'aiment pas se lever aux aurores...). La galerie de personnages est assez colorée pour maintenir l'intérêt.
Sans aller jusqu'à dire que le spectateur va se rouler par terre, plusieurs situations sont amusantes et l'humour est surtout visuel. Les enfants vont y trouver leur compte. Les parents, eux, vont plutôt être amusés du contexte socioéconomique. On y fait notamment référence à l'achat local et à la sacro-sainte liberté du consommateur... Le film se veut surtout un plaidoyer pour l'équilibre entre le travail et les loisirs.
Toutefois, la «morale» est un peu trop appuyée. Et malgré quelques rebondissements, le scénario s'avère un brin trop prévisible. C'est dans la nature de ce genre d'histoires, mais tout spectateur aime bien se faire surprendre, quel que soit son âge.
Sans prétendre devenir un classique du genre - il est un peu trop convenu -, Le coq de St-Victor s'avère tout de même une belle réussite. Pour un film réalisé presque à 100 % à Québec, il faut reconnaître et saluer le travail de tous ses artisans. Et lui souhaiter une belle carrière - méritée - en salle.
Au générique
Cote : ***
Titre : Le coq de St-Victor
Genre : animation
Réalisateur : Pierre Greco
Salles : Alouette, Beauport, Clap, Des Chutes, Lido, Sainte-Foy
Classement : général
Durée : 1h20
On aime : les couleurs flamboyantes, l'aspect cartoon, l'interprétation de Gaston Lepage
On n'aime pas : l'aspect un peu moralisateur, le scénario trop prévisible