Dans la dernière année, le chiffre d'affaires du Colisée du livre a baissé de 20 %.

Le Colisée du livre ferme ses portes

Ouvert en 1984 à Québec, le Colisée du livre fermera ses portes en août.
<p>Le Colisée du livre, sur la rue Saint-Jean, à Québec</p>
«La rue Saint-Jean est moins intéressante qu'il y a 10, 15 ans. Il y a beaucoup moins d'achalandage», constate Sylvain Rocque, propriétaire de l'établissement situé au coin Turnbull-Saint-Jean. Il ajoute que dans la dernière année seulement, le chiffre d'affaires du Colisée du livre a baissé de 20 %.
Ces résultats décevants ne sont toutefois pas la raison principale de la fermeture. Établi à Montréal, M. Rocque n'en peut plus de faire la route chaque semaine pour assurer la gestion de son commerce de Québec. Il est également propriétaire des deux autres Colisée du livre, situés à Longueuil et à Montréal.
«Si j'avais habité à Québec, si je n'avais pas les deux autres succursales, je me serais accroché, précise Sylvain Rocque. Mais là, après 30 ans...»
M. Rocque travaille pour le Colisée du livre depuis l'ouverture du premier magasin, en 1983, sur la rue Berri, à Montréal. La succursale de Québec a ouvert ses portes un an plus tard.
En 1995, M. Rocque a fait l'acquisition des deux établissements, et en a inauguré un troisième sur la rue Sainte-Catherine. 
Aujourd'hui, les Colisée du livre hors Québec sont situés sur l'avenue du Mont-Royal, à Montréal, et sur le chemin de Chambly, à Longueuil.
«C'est quand même une entreprise importante à Québec», souligne l'entrepreneur, conscient de l'impact que pourrait avoir cette fermeture sur le marché du livre usagé dans la Capitale-Nationale.
«les petits trésors» perdus
Il remarque d'ailleurs la tristesse et la surprise ressenties par les clients du commerce lorsqu'on leur annonce la future fermeture. «Ils sont estomaqués!»
M. Rocque estime à plus de 200 le nombre de livres acquis chaque jour par le Colisée du livre de Québec. «Ça va aller où, tout ça?» se demande-t-il. «Est-ce que les librairies usagées vont être capables d'absorber tout ça? Je ne crois pas.»
Sylvain Rocque craint notamment que des livres moins populaires, «les petits trésors», comme il les appelle, terminent au recyclage faute d'avoir trouvé preneur d'ici le mois d'août.
Il souhaiterait d'ailleurs que quelqu'un «reprenne le flambeau» à Québec. Il ne ferme pas la porte à ce qu'un intéressé achète sa succursale de la rue Saint-Jean.
Pour l'instant, il n'a reçu aucune offre, l'annonce de la fermeture n'ayant pas été faite publiquement encore.
Actuellement, tous les livres situés au deuxième étage du magasin sont vendus à 50 % de leur prix initial. Le reste des livres bénéficiera de cette promotion dès le début du mois de juillet, et jusqu'à la fermeture.