Dominique Maltais étreint son père, Gérald Maltais, après avoir récolté sa médaille d'argent à Sotchi.

Le coeur de Petite-Rivière-Saint-François bat pour Maltais

En descendant la route principale menant à Petite-Rivière-Saint-François, les plus fervents partisans de Dominique Maltais ont pu suivre, très tôt dans la nuit de samedi à dimanche, des torches, posées en bordure de la rue, les guidant vers la salle municipale du village. Des flammes continuant leur chemin jusqu'aux montagnes de Russie où leur championne a foncé, dès 2h, heure de Québec, vers sa deuxième médaille olympique en carrière.
«Avec la médaille d'argent de Dominique, des autobus seront organisés, pour le coin, pour aller la rejoindre à l'aéroport», s'est empressé de confirmer au micro, après le succès de la nuit, l'un des organisateurs de la soirée. La date de retour de la grande blonde n'est pas encore confirmée.
Si le maire de la municipalité, Gérald Maltais, était absent, dimanche - il se trouve à Sotchi pour encourager sa fille -, la planchiste pouvait compter sur toute l'énergie de ses soeurs Alexandrine et Élisabeth, de sa maman Marjolaine, de son amoureux Yann Poirier, ainsi que d'environ 200 proches et amis regroupés à l'hôtel de ville. Certains carburaient à la bière et aux hot-dogs, d'autres au café autour d'un petit-déjeuner.
La tension s'est manifestée avant même que Maltais n'apparaisse à l'écran pour la première manche, alors que deux des six premières compétitrices ont dû être évacuées du parcours du Parc extrême de Rosa Khutor en civière. Rien pour rassurer les proches.
«Je n'arrêtais pas de me dire : "Faut pas que tu tombes, tombe pas". C'est excessivement stressant», a partagé la jeune soeur de Maltais, quelques instants seulement après la fin de la compétition. «J'ai les mains moites et je shake.»
«C'est fait! Elle a semblé super heureuse, c'est ce qui compte», a commenté Yann Poirier, ému et fier. «Elle n'a plus rien à prouver, mais elle était vraiment stressée. Elle voulait tellement bien faire.»
Pour chacune des quatre courses de la planchiste de 33 ans, la salle au complet a retenu son souffle, comme si le coeur du village arrêtait de battre pendant un peu plus d'une minute. C'est finalement un soulagement général qui a envahi la pièce, alors que Maltais a levé les bras en l'air en croisant la ligne d'arrivée.
Après la déception de Vancouver et après les efforts acharnés des dernières années, leur championne a enfin trouvé le salut espéré. «Elle a vécu pour ça pendant des mois. En mai, elle se couchait à 21h30 pour être en forme pour les Olympiques et pour ne pas avoir de regrets», a lancé son amoureux. «Hier [samedi], [au téléphone] elle s'est mise à pleurer, elle a pleuré longtemps, je pense que ça avait besoin de sortir.»
Maltais a bûché pendant des années pour lever les bras au ciel le 16 février 2014. Dimanche, elle a offert à ceux qui la soutiennent depuis si longtemps une finale olympique à la hauteur de son talent. Une médaille d'argent aux reflets dorés trouvera bientôt refuge dans le village au pied du Massif de Charlevoix.