Carl Yergeau, analyste en planification financière avancée chez Industrielle Alliance

Le CELI, un véhicule efficace

Il existe de nombreux types de comptes conçus pour vous aider à épargner et à faire fructifier votre avoir. Des REER aux comptes d'épargne libre d'impôt (CELI) en passant par les comptes d'épargne traditionnels, chacun possède ses propres avantages. Pour le CELI, tout conseiller vous dira qu'il est surtout pratico-pratique en raison de sa souplesse et de sa simplicité.
Tout d'abord, qu'est-ce qu'un CELI? Le CELI est un régime d'épargne enregistré qui vous permet d'accumuler des économies à l'abri de l'impôt pour réaliser des projets tout au long de votre vie. Plusieurs contribuables l'utilisent comme voie de garage pour leur coussin de sécurité budgétaire. Ils y déposent des sommes et en retirent selon les besoins... D'autres y accumulent la mise de fonds pour une voiture, un voyage ou tout simplement en prévision des mauvais jours. C'est l'outil idéal pour le travailleur autonome.
«Le CELI est un abri fiscal au même titre que le REER. Il permet de capitaliser son investissement à l'abri de l'impôt», indique d'entrée de jeu Carl Yergeau, analyste en planification financière avancée chez Industrielle Alliance.
Ce régime d'épargne est fait principalement pour que l'utilisateur puisse effectuer des retraits lorsqu'il le désire puisque ces derniers ne sont pas imposés contrairement à un retrait effectué à partir de notre REER. Cela contribue également à préserver notre admissibilité à certains crédits d'impôt (ex. : TPS/TVH, prestation canadienne pour enfants) et prestations sociales (ex. : supplément de revenu garanti, prestation d'assurance emploi). De plus, à l'opposé du REER, il offre la possibilité de retirer son argent sans perdre son droit de cotisation. L'utilisateur pourra, l'année fiscale suivante, redéposer le montant retiré.
Par exemple, une personne qui a retiré 10 000 $ de son CELI en 2013, et ce, peu importe la raison, pourrait, si elle le désire, déposer à nouveau ce montant cette année.
Cependant, avant d'effectuer un retrait, il est bien important de faire ses devoirs. Si vous n'avez plus de marge de manoeuvre, c'est-à-dire plus d'espace de cotisation, vous ne devrez pas déposer à nouveau l'argent retiré avant l'année fiscale suivante, car le dépôt pourrait être considéré comme une cotisation excédentaire. Une pénalité de 1 % par mois du montant cotisé est imposée lors d'une cotisation excédentaire.
Cinquième anniversaire       
Le CELI est un véhicule qui ne cesse de gagner en popularité. Selon une étude effectuée en 2012 par le ministre des Finances du Canada, en 2009, on dénombrait 4,9 millions de titulaires de compte CELI, en 2010, 6,7 millions et 8,2 millions en 2011. «C'est une progression de 67 % sur trois ans», souligne M. Yergeau, ajoutant que toujours selon cette même étude, 80 % des titulaires de CELI  gagnent moins de 80 000 $ par année».
L'année 2013 marque le cinquième anniversaire du CELI, c'est donc dire que les épargnants ont pu maintenant cotiser jusqu'à 25 500 $. Le montant cotisé à un CELI ne dépend pas des revenus d'une personne. Il est le même pour tous. Le maximum était de 5000 $ par année de 2009 à 2012 et de 5500 $ pour 2013 et 2014. Si une année, vous n'avez pas atteint votre maximum de cotisation, vous pouvez reporter vos droits de cotisation restants à l'année suivante.
Il arrive souvent que les membres d'un couple épargnent et planifient ensemble. Les particuliers peuvent donc cotiser au CELI de leur conjoint ou conjoint de fait, jusqu'à épuisement des droits de cotisation de ce dernier. Lorsqu'on fait une telle cotisation, il importe de souligner que les règles d'attribution ne s'appliquent pas. Ces règles fiscales font en sorte que l'on est imposé personnellement sur les revenus de placements générés par des sommes transférées à notre conjoint aux fins d'investissement.
La période pour cotiser au CELI est du 1er janvier au 31 décembre.
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Plus sécuritaire que le REER?
Le CELI et le REER sont des abris fiscaux créés par la Loi de l'impôt sur le revenu. Il y a deux niveaux de sécurité. Le premier est la sécurité relative à la valeur financière, les placements, les investissements. «Le CELI est tout aussi sécuritaire que le REER, tout dépend juste de ce qu'on met dedans», indique Carl Yergeau, analyste en planification financière avancée chez Industrielle Alliance. «Si j'ai une action de Bell Canada dans mon CELI, elle va être tout aussi sécuritaire que dans un REER.» C'est lors de problèmes financiers que le REER devient plus sécuritaire, car il n'est pas saisissable, tandis que le CELI peut être saisi. Il y a aussi «en cas de divorce, le REER fait partie du patrimoine familial, donc il peut être séparé, tandis que le CELI n'en fait pas partie. Le CELI acquis pendant le mariage fait toutefois partie des acquêts pour ceux mariés sous ce régime», a ajouté M. Yergeau.