En 2005, le gouvernement libéral de Paul Martin avait décidé de ne pas participer au programme américain de défense antimissile balistique, une décision que les conservateurs de Stephen Harper réévaluaient avant d'être chassés du pouvoir, le 19 octobre dernier.

Le Canada pourrait se joindre au bouclier antimissile, dit Harper

Un gouvernement conservateur réélu pourrait se joindre au bouclier antimissile nord-américain, a laissé entendre Stephen Harper vendredi, en campagne dans le Nord canadien.
En avril, l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) a prévenu ses membres qu'au moins 30 pays s'étaient procuré - ou étaient en voie de se procurer - des technologies de missiles balistiques et pourraient utiliser des ogives conventionnelles ou des armes de destruction massive sur les alliés de l'alliance militaire.
Bien qu'il n'y ait pas de danger dans l'immédiat, l'OTAN a affirmé que l'alliance «a la responsabilité d'en tenir compte dans sa tâche première de défense collective».
De passage vendredi dans les Territoires du Nord-Ouest, M. Harper a déclaré qu'un gouvernement conservateur donnerait le feu vert à la défense antimissile s'il sentait que la sécurité du Canada était en danger.
«Notre position est de continuer d'évaluer nos options. Si nous sentions à un moment que nous faisions face à des menaces particulières qui exigeaient que l'on participe, c'est une chose que nous considérerions.»
«En ce moment, nous n'avons pas fait cette évaluation.»
Depuis longtemps, M. Harper fait du Nord une composante clé de ses neuf ans au pouvoir, s'y présentant pour des séances photos ou des annonces à saveur militaire.
Ces images qui montrent la présence militaire du Canada dans le Nord vont souvent de pair avec le dur discours du chef conservateur à l'endroit de la Russie et de son président, Vladimir Poutine.
Stephen Harper soutient que son gouvernement a investi pour assurer la souveraineté de l'Arctique, notamment dans des bases militaires ou des quais.
«Nous faisons ces investissements précisément parce que (la menace de la Russie) et d'autres ont déjà existé et nous avons compris, il y a quelque temps maintenant, bien avant l'invasion de l'Ukraine, que la Russie de M. Poutine était sur une voie très dangereuse dans le monde.»
M. Harper a aussi promis qu'un nouveau gouvernement conservateur paierait l'entièreté des coûts pour paver un tronçon d'une route panoramique dans les Territoires du Nord-Ouest.
La route 5 relie Fort Smith à Hay River en traversant le parc national Wood Buffalo, mais la majeure partie est en gravier, rendant parfois la conduite hasardeuse.
Les conservateurs consacreraient 14 millions $ pour paver une portion de 68 kilomètres de la route, élargir quelques sections et remplacer des ponceaux d'écoulement.
En temps normal, le gouvernement fédéral fournirait le tiers des coûts de construction d'un tel projet. Les gouvernements territorial et local assumeraient les deux autres tiers.
Pour de petites villes du Nord, cela pourrait prendre des années à amasser les fonds nécessaires, affirment les conservateurs. C'est pourquoi ils couvriraient l'entièreté du projet.