Le cabinet de curiosités de l'Université Laval: courtepointe d'objets inattendus

Zoo de Québec, 1942. Le gardien de César, Marius et Fanny, trois ours polaires, entre dans leur enclos. Le malheur frappe : les mammifères attaquent l'employé du zoo, qui y perd la vie. Les trois ours sont abattus à leur tour... Mais l'un deux tient encore debout, aujourd'hui. Et c'est l'Université Laval qui est devenue la gardienne de ce spécimen - empaillé, évidemment -, à l'histoire inattendue.
Des objets comme celui-là, les collections de l'Université Laval en rassemblent 1,3 million. Des collections d'insectes de l'abbé Léon Provancher aux poteries chypriotes datant de 1000 ans avant Jésus-Christ, l'Université a bâti au fil du temps une impressionnante réserve d'artefacts, principalement dans le domaine de l'histoire naturelle. Et c'est pour mettre en valeur la diversité de ses réserves muséales que l'institution a placé sa nouvelle exposition automnale sous le thème du cabinet de curiosités. 
«C'est une source infinie de sujets de recherche», a souligné Gisèle Wagner, chargée de conservation et de restauration à la Bibliothèque de l'Université Laval. «Ce sont des objets dont l'histoire n'est jamais terminée», a-t-elle ajouté, notant que les collections de la plus vieille institution d'enseignement francophone en Amérique sont un bien commun. 
Caverne d'Ali Baba
Le thème du cabinet de curiosités pour cette nouvelle exposition s'est imposé de lui-même. Les réserves de l'Université Laval, situées en grande partie dans le pavillon Louis-Jacques-Casault, sont une vraie caverne d'Ali Baba. Choisir les objets qui sont montrés présentement au premier étage de la bibliothèque du pavillon Jean-Charles-Bonenfant n'a pas été chose facile, confirme la responsable de l'exposition, Stéphanie Bois-Houde. 
Au nombre de ces curiosités, on retrouve notamment un spécimen très rare d'orignal albinos, abattu par Aimé Imbeault en Abitibi, et empaillé par Holt Renfrew, en 1949. La famille du chasseur en a fait don à l'Université dans les années 70. Une tête momifiée datant du XIIIe siècle, trouvée dans les Andes et donnée par le docteur Claude Fortier retient aussi l'attention. 
Dans un autre coin, une vitrine victorienne conçue à Québec et montrant différents spécimens d'oiseaux du Québec étonne autant par sa forme que son contenu, juste à côté d'une oeuvre et des crayons de l'artiste René Richard, qui a fait un legs important à l'Université.
Photos, livres rares (dont un exemplaire complet de l'Encyclopédie de Diderot), minéraux, cartes géographiques, ensembles textiles, moulages de sculptures célèbres, planches d'herbiers... Les découvertes présentées jusqu'à la fin de janvier sont pour le moins variées et inattendues. Des postes d'écoute permettent de découvrir l'histoire de certains objets-clés de l'exposition. 
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Quoi : exposition Le cabinet des curiosités
: premier étage du pavillon Jean-Charles-Bonenfant de l'Université Laval
Quand : jusqu'au 30 janvier
Coût : gratuit