François Legault a rigolé un peu, vendredi, avec un ancien camarade de classe, Luc Laperrière, alors qu'il visitait une église convertie en salle de concert à Montréal.

«Le bon sens va revenir», espère François Legault

Éclipsé par le débat référendaire, le chef caquiste François Legault croit que la question sera évacuée sous peu et qu'il pourra à nouveau attirer l'attention des électeurs québécois.
«Temporairement, on a deux chefs qui ne parlent que de ça, avec des journalistes qui ne parlent que de ça, a analysé
M. Legault, vendredi. Mais je pense que le bon sens va revenir dans les prochains jours.»
Les Québécois sont las de ce débat qu'il veut mettre sur la glace pour 10 ou 15 ans, le temps que le Québec s'enrichisse au point de ne plus recevoir de péréquation. Après, dit-il, les gens s'attaqueront à la question constitutionnelle. La plus grande dépendance du Québec est de nature économique, selon lui.
La caravane caquiste sillonne depuis deux jours la couronne de Montréal.
40 millions $ en éducation
Vendredi, le chef caquiste a présenté sa «seule»promesse électorale qui nécessiterait une dépense supplémentaire pour le trésor public. Il promet d'injecter 40 millions $ dans la lutte contre le décrochage scolaire. M. Legault souhaite l'embauche de 500 spécialistes de plus - psychologues, orthopédagogues et psychoéducateurs - dans les écoles. Ils auraient aussi pour mission de détecter et d'aider, dans les centres de la petite enfance, les enfants qui présentent des difficultés dès l'âge de trois ans. La CAQ envisage aussi l'embauche de plus de conseillers en orientation pour aider les étudiants dans leur choix de carrière, et la mise en place d'un système de tutorat pour mieux encadrer les jeunes.
Faute de moyens, la CAQ ne promet plus d'allonger les heures de classe et d'augmenter les activités parascolaires. «Il faut faire des choix», réitère M. Legault.
Par ailleurs, il aura fallu au chef caquiste 10 jours pour apprendre que son ancien député vedette, Jacques Duchesneau, ne pourrait l'appuyer comme prévu dans les médias.
Hier encore, M. Legault croyait que le député démissionnaire, ex-chef de police et ancien patron de l'Unité anticorruption du ministère des Transports, agirait à titre d'ex-caquiste sur un panel à RDI. Au moment d'annoncer sa retraite politique,
M. Duchesneau avait assuré qu'il prêterait main-forte à M. Legault pendant la campagne électorale.
Or, le député sortant de Saint-Jérôme serait trop pris par la rédaction de sa thèse de doctorat sur le terrorisme aérien pour se rendre disponible à titre d'ex. Mais il semble qu'il pourrait donner un coup de pouce sur le terrain «lorsque nécessaire».
D'autre part, François Legault s'est moqué de l'ex-premier ministre Bernard Landry qui a comparé sa conversation caquiste au «pape qui serait devenu musulman». M. Landry était alors de passage dans L'Assomption, la circonscription de
M. Legault. «C'est une bonne chose que M. Landry vienne parler de référendum dans L'Assomption, a raillé M. Legault. Les gens ne sont pas déconnectés comme lui. [...] Ça peut juste m'aider la présence de Bernard Landry et j'espère qu'il va y retourner tous les jours.»