Perdu, le jeune dinosaure Arlo obtient l'aide et l'amitié inattendues de Spot, un enfant sauvage dont les comportements ont tout du chien.

Le bon dinosaure: réconfort pour tous ***

CRITIQUE / Ce n'est pas un hasard si Le bon dinosaure (The Good Dinosaur) prend l'affiche à l'Action de grâce américaine et à un mois du temps des Fêtes. Le nouveau Pixar est un film dont la qualité d'animation se révèle époustouflante, avec des personnages attachants et de bonnes valeurs familiales (le public cible). Très réconfortant, tout ça. Même s'il repose sur un scénario simpliste et prévisible qui manque cruellement de fantaisie.
Un bon flash ne fait pas un long métrage, le cinéphile moyen peut souvent le constater. N'empêche, celui du Bon dinosaure en vaut la peine : que se serait-il passé si les dinosaures avaient évité l'extinction? Auraient-ils développé leur intelligence et la parole? Et l'homme, peu évolué, serait-il limité aux comportements animaux? On jase, là.
Dans l'univers de Pixar, tout se peut - on l'a vu dans Ratatouille (mais n'espérez pas un long métrage de cette qualité). La famille d'Arlo, le bon dino en question, cultive la terre. Le petit dernier, maladroit et craintif, tente tant bien que mal de surmonter ses peurs (le thème récurrent), avec l'aide bienveillante de son père. Lors d'une expédition commune, celui-ci disparaît. Peu de temps après, Arlo tombe dans une rivière et est emporté au loin.
Le jeune apatosaure veut retrouver le chemin de la maison. Il obtient l'aide, et l'amitié, inattendues d'un jeune enfant sauvage, dont les comportements ont tout du chien : Spot grogne, a l'odorat d'un redoutable prédateur, se déplace à quatre pattes, etc. Comme dans tout récit initiatique qui se respecte, le duo dépareillé devra affronter de multiples épreuves : nature hostile, éléments déchaînés, prédateurs...
Buddy movie et western
Cette route vers la maturité emprunte à un autre genre tout aussi codé : le film de copains (buddy movie). Et, surtout, au western. Pas tant dans ses éléments-clés que dans son iconographie. Les vastes plaines ressemblent à s'y méprendre aux majestueux paysages de l'Ouest sauvage américain célébrés par John Ford - le réalisateur Peter Sohn en est un grand admirateur. D'ailleurs, les tyrannosaures sont éleveurs de bêtes à cornes. On n'a plus les cow-boys qu'on avait... Les Indiens non plus.
Dans ce décor hyperréaliste, les animateurs ont fait un travail absolument remarquable de photoréalisme, jusque dans ces moindres détails. On peut y voir, par exemple, la lumière qui se reflète sur l'eau danser sur les murs des falaises. Ou les oiseaux qui s'envolent en ballet.
Tout ça est bien beau, mais on ne peut pas en dire autant du récit, d'une simplicité enfantine (même si c'est voulu). On sait dès le début comment cette célébration de l'amitié, du respect de la différence, de la transmission et de l'importance de la famille va finir. En fait, les créateurs auraient dû pousser plus loin : nos deux copains ne se distinguent pas spécialement par leur intelligence ni leur sens de l'initiative. Les enfants ont plus d'imagination que ça, même quand c'est cartoonesque. Un bon divertissement, sans plus.
Au rayon anecdotique, la voix d'Arlo, dans la version québécoise, est celle d'un Montréalais de 12 ans qui a gagné un concours. Sohaib Hadj-Moussa, qui n'avait aucune expérience du genre, s'est distingué parmi 110 jeunes.
=> Au générique
Cote: ***
Titre: Le bon dinosaure (v.f. de The Good Dinosaur)
Genre: animation
Réalisateur: Peter Sohn
Classement: général
Durée: 1h34
On aime: l'exceptionnelle qualité de l'animation
On n'aime pas: le manque de fantaisie des personnages