L'essentiel des produits bio est vendu dans des épiceries alternatives.

Le bio continue sa progression

Les produits biologiques occupent d'année en année de plus en plus de place sur les tablettes des épiceries et des magasins spécialisés. Leur coût, lui, tend à diminuer. Seule constante : leur goût supérieur indéniable.
La place des produits bio dans l'alimentation des Québécois a crû de 15 % dans les 10 dernières années, selon le directeur de la Filière biologique du Québec, Alain Rioux.
«Pour les marchés canadien et américain, [le bio] représente 35 milliards $ chaque année. Le marché mondial est estimé à 60 milliards $. Au Québec, c'est difficile d'en faire une évaluation précise à cause des ventes directes, mais le bio pourrait représenter 1,2 milliard $ annuellement.»
La province compte 1200 producteurs biologiques, dont le tiers sont des acériculteurs.
L'essentiel des produits bio est vendu dans des épiceries alternatives. «Ce qui pousse beaucoup, c'est des magasins spécialisés», remarque M. Rioux. Des magasins qui sont aussi de plus en plus gros en superficie.
Il y a aussi les marchés de solidarité. On en compte 22 au Québec. C'est là qu'on trouve ces fameux «paniers bio» qui regorgent des produits de saison, et qu'on s'arrache. Ce type d'achat a le double avantage d'assurer une fraîcheur et un coût moindre au consommateur. Quelque 150 fermiers au Québec offrent ce type de formule.
Pour le consommateur, le frein à l'achat de produits biologiques a longtemps été celui du prix, qui était environ 40 % plus élevé qu'un produit non biologique équivalent, il y a à peine cinq ans. Aujourd'hui, on s'approche d'un écart de 20 %. Beaucoup plus alléchant.
Les produits laitiers, comme les yogourts, sont les produits bio les plus populaires. Ils se sont taillé une bonne place sur les tablettes des épiceries traditionnelles, tout comme les pains et les farines.
Pour ce qui est des fruits, le Québec est devenu le plus grand producteur de canneberges biologiques au monde, note Alain Rioux, qui croit qu'il pourrait en être désormais de même des bleuets.
Chaque année, une centaine d'agriculteurs québécois se convertissent au bio. Les producteurs céréaliers y accordent en moyenne 5 % de leur production.
Reste que pour 60 % des consommateurs, selon un sondage de la Filière biologique du Québec, lorsqu'il est question d'opter pour le produit biologique, c'est le goût qui fait foi de tout.
Sur la route des saveurs
La plupart des régions du Québec ont leur route des saveurs, qui met en évidence des produits locaux, souvent biologiques. Elles ont différentes appellations. À Québec, on connaît le Parcours gourmand. On monte dans la voiture et c'est le ventre qui conduit, nous amenant des producteurs aux transformateurs, aux restaurateurs et aux épiciers spécialisés. Ailleurs, on l'appelle tantôt Route gourmande, Balade gourmande ou Route des saveurs, comme dans Charlevoix.
Pour une vue d'ensemble de ces chemins de bonne bouffe et trouvailles, on visite le site de l'Association de l'agrotourisme et du tourisme gourmand (www.terroiretsaveurs.com).
Bio: mode d'emploi
Pour qu'un produit puisse porter l'appellation «bio» ou «biologique», il doit remplir plusieurs critères, selon la famille de produits en question. Il existe tout de même des conditions générales : aucune utilisation d'engrais ou de pesticides, aucune hormone de croissance ou OGM, aucun agent de conservation synthétique, comme des sulfites...
Lorsqu'il est question de culture céréalière ou maraîchère, le producteur doit attendre trois ans pour qu'un sol soit «désintoxiqué». Pendant ce temps, la production continue, mais sans engrais, et sans qu'on puisse accoler l'étiquette bio au produit.
Les produits transformés doivent quant à eux être faits de 95 % d'ingrédients biologiques. Un pain dont seule la farine serait biologique ne pourrait donc pas porter le titre honorable de biologique. Même si le terme est en soi assujetti à une loi, on retrouve aussi sur certains produits des logos comme celui de BIO Québec pour nous aider à les identifier plus facilement.