Le premier roman graphique de Phillipe Girard, Les Ravins, a été traduit en russe.

Le bédéiste Philippe Girard accueilli à bras ouverts en Russie

En publiant son roman graphique Les Ravins, en 2008, Philippe Girard était loin de se douter qu'il tissait un lien important avec la ville de Saint-Pétersbourg, en Russie. Une nouvelle édition de son ouvrage, traduite en russe, sera publiée sous peu et à cette occasion, l'auteur de Québec rencontrera le maire de la ville, rien de moins.
Les Ravins est le premier roman graphique que Girard a publié. Il y relate son passage à un festival dédié au neuvième art, à Saint-Pétersbourg, en plus de s'attarder au décès d'un ami proche et de traduire ses inquiétudes à la veille d'une opération aux jambes. Lancé d'abord dans la Belle Province, il a ensuite été traduit en anglais, puis en russe. Un nouveau tirage de l'oeuvre sera édité juste à temps pour les 10 ans du Boomfest, l'événement auquel Girard avait déjà été convié et qui l'avait mené une première fois au pays des tsars.
«L'écrivain Andreï Makine avait dit : "Jamais vous ne trouverez un roman français qui parlera en bien des Russes." J'étais parti de ça, raconte Girard. [...] Je crois que le fait d'avoir un livre qui parle favorablement des Russes a fait tomber des préjugés.»
Pour ce deuxième tirage, qui bénéficiera d'une couverture rigide, l'éditeur a demandé à Girard de nouvelles illustrations. Et comme cet éditeur est aussi à la tête du Boomfest, il a invité l'artiste au festival, en septembre, ainsi qu'à une rencontre avec le maire. Girard a non seulement accepté, mais il a souhaité arriver là-bas avec un cadeau à remettre au politicien de la part de la ville de Québec. Il a donc contacté le cabinet du maire Labeaume, qui lui a répondu de manière favorable. Et quel sera ce cadeau?
«Je pense que ce sera le beau livre sur Québec qui a été publié en 2008, avec un mot officiel.»
Pas peu fier que son oeuvre, à sa connaissance «la seule BD québécoise, et même canadienne traduite en russe», continue de vivre aussi longtemps, Philippe Girard retournera-t-il sur les lieux avec le souci d'écrire un nouveau volume inspiré de son séjour? Il admet y songer.
«Au départ, j'avais fait ce livre pour évoquer la mort d'un ami et ç'a fait 10 ans [qu'il est décédé] l'an dernier, donc ça arrive en même temps que les 10 ans du Boomfest, ce qui fait que j'ai la tête là-dedans. Mais je ne sais pas encore quelle forme ça prendra...»