À son retour de la guerre en 1945, Gilbert Boulanger a réalisé son rêve de devenir pilote en obtenant sa licence privée.

L'«aviateur de guerre» Gilbert Boulanger n'est plus

L'«Alouette affolée» Gilbert Boulanger n'est plus. L'aviateur et l'un des rares vétérans de la Seconde Guerre mondiale est décédé des suites d'un cancer dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 91 ans.
Originaire de Montmagny, Gilbert Boulanger a été mitrailleur pendant la guerre 1939-1945 faute de pouvoir devenir pilote d'avion. Il a participé à 37 bombardements, dont deux le jour du débarquement de Normandie.
À son retour de la guerre en 1945, il a quitté l'escadron 425 Alouette de Bagotville, puis a réalisé son rêve de devenir pilote en obtenant sa licence privée. Il s'est plus tard installé à Sherbrooke, où il a notamment fondé l'agence de voyages Escapade.
En 2010, la commune de Courseulles-sur-Mer, en Normandie, a donné son nom à son école primaire, pour honorer ses origines normandes et sa mémoire de combattant.
«Pour lui, il était inconcevable qu'on donne son nom à une école là-bas, mais qu'ici, il n'y ait pas un bout de ruelle qui porte le nom d'un vétéran», explique l'historien Sébastien Vincent, qui avait accompagné Gilbert Boulanger en Normandie pour l'occasion.
Raviver la mémoire des vétérans auprès des Québécois a toujours été son cheval de bataille, explique M. Vincent. «Rares sont les vétérans qui pouvaient et qui voulaient encore témoigner avec autant de panache», estime-t-il. C'est ce même panache qui fait, selon lui, que Gilbert Boulanger a «contribué à sa manière au travail d'histoire à faire sur les anciens combattants».
Héros malgré lui
Le documentaire Gilbert Boulanger, aviateur de guerre, réalisé en 2012 par Robert Tremblay, aura aussi contribué à mettre en lumière sa réalité et celle de ses frères d'armes.
Lors de leur voyage en Normandie, Sébastien Vincent et M. Boulanger ont descendu la célèbre plage où s'est joué le sort de la France. «Il pleurait, parce qu'il ressentait une certaine culpabilité d'être survivant. Il n'a jamais voulu être un héros», se souvient M. Vincent.
«C'était devenu un grand-père spirituel pour moi, ma conjointe et des filles», exprime l'historien intéressé par les écrits des vétérans. «C'est le dernier vétéran que je connaissais personnellement. Ça donne un coup.»
Le surnom d'«Alouette affolée» attribué à Gilbert Boulanger provient du titre de ses mémoires. C'est ce livre qui a permis à Richard Girouard, historien de l'escadron 425, de le retracer et de lui offrir un vol en CF-18, en 2008. Ce qui était loin d'être simple vu son âge avancé. «Je retiens de lui sa phrase-clé : "Make it happen." Il faut provoquer les choses», partage M. Girouard.