Maxence Parrot a récolté le meilleur pointage (98,0 pts) de la journée lors de son troisième et dernier essai en finale. Un envol audacieux qui a provoqué les plus sonores applaudissements de la soirée.

L'audace sourit à Maxence Parrot au big air

Maxence Parrot a répondu aux grandes attentes placées en lui en remportant le big air du 11e Jamboree dans un froid sibérien, samedi soir.
Après avoir raté son deuxième saut de la finale, le planchiste bromontois a récolté le meilleur pointage (98,0 pts) de la journée lors de son troisième et dernier essai pour devancer son compatriote Tyler Nicholson. Cet envol audacieux a aussi provoqué les plus sonores applaudissements de la soirée.
«Ç'a été une décision assez dure à prendre», a dit Parrot du niveau de difficulté de son dernier saut. «Normalement, je n'y aurais peut-être pas été le tout pour le tout à la fin. Je me suis dit que j'irais pour ma deuxième descente. Ça n'a pas marché. Pour la troisième, j'ai failli faire une manoeuvre plus petite qui m'aurait peut-être assuré la deuxième ou troisième place. Finalement, j'ai décidé d'y aller!» 
Après Parrot, le Québécois Antoine Truchon, meilleur des qualifications, avait toujours la chance de devancer les meneurs. Il a toutefois raté son dernier atterrissage, glissant au quatrième rang. L'Américain Ryan Stassel a privé le Canada d'un podium complet.
Comme tous ses collègues - et les spectateurs -, Truchon s'est battu avec une météo intransigeante. «Les conditions, c'est pas mal les pires qu'on pouvait avoir», a dit l'athlète de Sainte-Adèle, gagnant en 2012. «C'est frette, c'est de la glace luisante. Pour la stabilité sur la planche, ce n'est pas évident. On en a tous arrachés.»
En plus du froid et de la glace, il devait y avoir une bonne brise en haut de la rampe de 39 mètres de l'îlot Fleurie. «Un gros challenge», a souligné Parrot en parlant de l'ensemble des embûches offertes par Dame nature.
Le gagnant s'est déjà un peu mouillé en indiquant qu'il aimerait être de retour l'an prochain. «Je vais essayer de défendre cette médaille-là!» a-t-il dit, après avoir reçu les félicitations senties de Bonhomme Carnaval.
Parrot a ainsi ajouté à sa collection de médailles d'or en big air, dont les plus récentes sont celle de Boston, jeudi dernier, et celle acquise lors des X Games, en janvier.
Anderson impériale
Chez les femmes, l'Américaine Jamie Anderson a été impériale toute la journée. Première en qualifications, elle a réussi les deux meilleurs sauts de la finale pour s'enfuir avec une victoire quasi facile devant la Britannique Katie Ormerod. Pendant qu'Anderson récoltait 178,75  points, Ormerod en obtenait 126,25. Au troisième rang, l'Espagnole Queralt Castellet a inscrit seulement 91,75 points au tableau.
Anderson aurait pu se la couler douce lors de son dernier saut, la victoire étant déjà assurée. Elle a plutôt réalisé un essai de 92,5 pts, le meilleur effort de la soirée.
«Je suis tellement heureuse», a lancé la souriante Californienne, championne olympique en slope-style, à Sotchi. «Ça me fâche quand je ne réussis pas ce que je veux, alors c'est très plaisant, même si je savais que j'avais gagné, de réussir ce saut pour moi-même.»
La principale rivale d'Anderson et championne en titre, la Néerlandaise Cheryl Maas, s'était sortie de la course en ratant ses trois sauts. À sa dernière tentative, elle a glissé lors de la descente initiale et n'a même pas pris son envol. Aucune Canadienne n'avait réussi à se faufiler parmi les six finalistes.
Anderson quittera Québec vers la Corée lundi. Elle comptait profiter de ses dernières heures en ville pour explorer la capitale. «C'est ma première fois ici. C'est une ville incroyable [«a kick-ass city», a-t-elle dit en anglais]. Je vais aller me promener, voir les châteaux, profiter du Carnaval. Et peut-être boire un peu de champagne!»
Truchon pas emballé par les JO «pyramidaux»
Entendre un athlète affirmer que les Jeux olympiques ont peu d'importance pour lui est aussi rare que... vous savez quoi. C'est pourtant ce qu'a lancé le planchiste québécois Antoine Truchon, samedi midi, après son excellent deuxième saut, le meilleur des qualifications de la Coupe du monde de big air de Québec.
«Pour bien des athlètes, c'est quelque chose de phénoménal. Personnellement, je ne suis pas très enthousiaste par rapport aux olympiques. [Pour te qualifier], il faut que tu passes par un système vraiment pyramidal. Il faut que tu fasses des petits événements, que t'accumules des points pour faire un autre événement, que tu réussisses à avoir assez de points pour te rendre à un autre événement... Et rendu là, ça coûte vraiment cher! Alors si t'as pas les moyens de faire tout ça, c'est dommage, mais tu ne peux pas. Un système comme ça, c'est fait pour garder les tops en haut de la pyramide le plus longtemps possible», a analysé l'athlète de 25 ans.
Truchon reconnaît malgré tout que l'arrivée du slopestyle dans la grande danse olympique de 2014 a poussé son sport vers le haut en permettant à plusieurs athlètes de se faire remarquer. Et il s'attend au même résultat avec le big air en 2018.
Mais pour l'instant, le planchiste de Sainte-Adèle se dit «en mode une journée à la fois. Je vais voir... Si j'ai encore les moyens de continuer dans le snowboard, je vais le faire. Si ça ne marche pas, ben je vais aller vers autre chose.» Truchon n'avait pas réussi à se qualifier pour le slopestyle de Sotchi.
Le volet féminin sans son charme local
Le volet féminin du big air a perdu son charme local avant même d'avoir débuté. Laurie Blouin et Océane Fillion ont toutes deux déclaré forfait en raison d'une blessure. Un abandon particulièrement difficile pour Blouin, qui a appris samedi avant-midi que sa saison était terminée. La planchiste de 20 ans s'est «semi-déchiré» un tendon du genou lors d'une chute à l'entraînement, vendredi. Une chance ratée de montrer son savoir-faire aux résidents de sa ville natale. «Je suis vraiment déçue. J'ai versé quelques larmes. Mais ça fait partie de la game», a dit Blouin pendant les qualifications des hommes samedi midi.
Une opération et trois mois de réhabilitation attendent maintenant la planchiste qui avait pris le 10e rang de l'épreuve québécoise l'an dernier. Alors que tous ses plans des prochains mois se trouvent ainsi annulés - elle devait se rendre en Corée la semaine prochaine -, Blouin a déjà le regard tourné vers 2016-2017. «Ils ont dit que je devrais être à 100 % pour la saison prochaine. Je vais tout faire pour que ça revienne.» De son côté, Fillion, une spécialiste du slopestyle, a préféré ne pas s'élancer dans ce qui aurait été son premier big air