L'attitude du champion

La tension monte, des carrières se jouent et des personnalités se dévoilent dans cette frénésie olympique. Amis athlètes, votre attitude des prochaines semaines vous définira pour un bon moment. Vous êtes enfin sous les projecteurs, agissez en champion.
Laurent Dubreuil parlait fort. Le patineur de vitesse longue piste de 22 ans a toujours été très confiant et n'a jamais hésité pour le faire savoir. La grosse tête? Non, seulement un désir de se développer à son plein potentiel et un malin plaisir à le crier. Du bonbon pour les journalistes.
Dubreuil devait se classer pour les Olympiques et même peut-être y remporter une médaille, disait-il. Une confiance qui l'a toujours bien servi. «J'ai vraiment hâte aux sélections olympiques. L'intensité du moment, la pression. Moi ça me motive, alors que ça peut faire peur à plusieurs», avait-il confié au Soleil quelques semaines avant le grand jour.
Le 28 décembre, au 500 m, son épreuve de prédilection, le patineur de Lévis a terminé cinquième, à cinq maigres centièmes de seconde de la quatrième position. Seulement les quatre premiers obtenaient leur laissez-passer pour Sotchi.
Dubreuil, n'a pas fait mieux au 1000 m et au 1500 m. Celui que tous voyaient comme la meilleure chance québécoise en longue piste sera donc passé à cinq centièmes de sa première qualification olympique.
Dubreuil échoue et Rien de va plus pour Dubreuil ont été les titres du Soleil. Des mots particulièrement durs, mais le patineur aura été le plus sévère envers lui-même. «C'est sûr que c'est une grande déception. La plus grosse déception de ma vie, et de loin», a-t-il confié à Sportcom. «Ce qui fait le plus mal, c'est de savoir que je l'avais en moi. Je sais que j'ai mal exécuté. Je m'attends à ce que les prochains mois soient difficiles. Je ne serai pas de bonne humeur et je vais avoir de la misère à dormir pendant longtemps.»
Dubreuil parade dans la victoire, mais en champion, il se lève dans la défaite et assume ses paroles. «Je suis déçu, mais je ne suis pas gêné», a-t-il assuré. Il sera aux prochains Olympiques et ses résultats jumelés à son franc parler lui permettront de rester bien en vue dans les médias, malgré l'accalmie post-olympique. Vous le reverrez.
Beaucoup plus discret, dans l'ombre pour la majeure partie de sa carrière (et une fois de plus dans cette chronique), Muncef Ouardi aura surpris tous les observateurs - en commençant par lui-même - en se qualifiant dans l'équipe olympique canadienne.
Le patineur de vitesse longue piste de Québec et d'origine marocaine a laissé ses lames parler, conscient de son potentiel. Il en sera à ses premiers et derniers Jeux, à Sotchi. Un exploit qui lui procurera enfin l'attention qu'il mérite.
Deux coéquipiers, deux attitudes. La discrétion l'aura emporté, cette fois.
Les critiques de Bilodeau
Deux autres coéquipiers s'affrontent au sommet alors que Mikaël Kingsbury et Alexandre Bilodeau dominent les pistes à bosses. Pour la deuxième fois en Coupe du monde cette saison, «le King» a eu le dessus sur le champion olympique, samedi, à Calgary. Encore une fois, ils sont partis avec l'or et l'argent.
Bilodeau a refusé de s'entretenir avec les journalistes après la compétition. Durant la compétition, il avait partagé sur Twitter ses impressions quant à son incompréhension de son pointage accordé par les juges. Il avait fait le même genre de sortie la saison dernière. En champion, Bilodeau devrait accepter la réalité d'un sport jugé et surtout ne pas se plaindre de son sort, alors que seul son coéquipier le devance. Ça paraît mal!
Philippe Marquis, de Québec, a terminé neuvième. Lui non plus n'était pas particulièrement impressionné par le travail des juges, mais n'en a pas parlé. Il n'attend que la prochaine Coupe du monde pour se prouver. Une attitude qui devrait inspirer Bilodeau.