Larmes de joie et de tristesse pour Maëlle Ricker

L'une qui pleure de joie, l'autre de tristesse. Contrairement à 2010, les rôles étaient inversés. Pendant que Dominique Maltais posait avec le drapeau canadien, sa coéquipière Maëlle Ricker acceptait son sort avec philosophie.
Championne olympique en titre et favorite, la planchiste de North Vancouver n'a pas franchi la ronde des quarts de finale, dimanche, après avoir chuté dans sa vague.
Victime d'une blessure à un poignet, fin janvier, elle portait encore une protection puisque l'intervention chirurgicale remontait à trois semaines, à peine. «J'avais de la misère à pousser au départ, mais ça allait de mieux en mieux», a indiqué la médaillée d'or de 2010.
Le hasard de la vie a fait en sorte qu'elle débarque à Sotchi avec un obstacle de plus à franchir. Si son père avait eu les mots pour lui remonter le moral après son opération, parions qu'il saura encore l'appuyer au lendemain de cette défaite quand même dure à avaler.
«Quand je me suis fait opérer, il m'a laissé un message. Il m'a dit que ça arrivait à un bien mauvais moment, mais de serrer les dents, relever la tête, de sourire et qu'il allait me voir dans quelques jours. Il faut savoir rester positif», confiait-elle tout juste avant de regarder la grande finale.
Entraîneur de Dominique, l'ex-planchiste François Boivin était fière de sa protégée, mais il avait aussi une pensée pour Maëlle «qui mérite la médaille du courage». «L'objectif de Dominique était de faire un podium. Toute la semaine, personne n'a été aussi rapide qu'elle, les autres suivaient la parade.»
Cette médaille servira la cause de l'équipe canadienne de surf des neiges. On avait averti cette fédération que l'argent ne coulerait pas à flots si personne ne grimpait sur le podium.
«On s'est fait dire : pas de podium, pas d'argent. Nous allons pouvoir continuer à travailler avec la relève dans le prochain cycle grâce à Dominique, comme Maëlle l'avait fait pour nous à Vancouver», avouait Robert Joncas, chef d'équipe à Sotchi et directeur de la Haute performance à Snowboard Canada.
Son organisme a donc eu la vie sauve par une fraction de seconde, quand Dominique a réussi à éviter d'être emportée par la chute de Lindsey Jacobellis en demi-finale. «Le truc, dans ce sport, c'est d'être en avant», notait-il.
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Projet sport-études dans l'air
Dominique Maltais ne prolongera pas sa carrière au-delà de la saison de transition en Coupe du monde qu'elle s'offrira, l'an prochain. Pas question de poursuivre jusqu'en Corée du Sud, en 2018. «À un moment donné, ça reste un sport extrême, les lendemains de course sont difficiles. Je vais faire une année de transition où je me sentirai pas coupable de prendre un verre de vin ou faire du bateau.»
Elle ignorait encore ce que pouvait lui rapporter cette médaille, bien qu'elle affirme ne pas pratiquer ce sport pour les répercussions qui s'ensuivent. L'enfant de Charlevoix caresse le rêve de s'installer en permanence dans sa région, là où elle se sent bien et revenait y recharger ses batteries. «Au Québec, j'ai su faire ma marque. Lorsqu'on parle de snowboardcross, on y associe mon nom. Si la médaille peut m'ouvrir des portes, ce serait agréable, mais je l'ai fait d'abord par passion. Je veux redonner au suivant», a affirmé celle qui songe à développer un programme sport-études et un club de compétition.