Bernard Landry

Landry, Parizeau et Duceppe applaudissent l'arrivée de PKP au PQ

Une dizaine de ténors souverainistes, dont Bernard Landry, Jacques Parizeau et Gilles Duceppe, applaudissent la candidature de Pierre Karl Péladeau au Parti québécois et rejettent avec vigueur la requête des partis de l'opposition selon laquelle l'homme d'affaires doit vendre les actions de Québecor pour assurer l'indépendance de la presse s'il est élu à l'Assemblée nationale.
C'est par l'entremise d'une lettre transmise aux médias mardi après-midi que les deux anciens premiers ministres du Québec, l'ex-chef du Bloc québécois, les ex-présidents de la CSN Gérald Larose et Marc Laviolette ainsi que l'ancien ministre péquiste et maire de Lévis Jean Garon et son homologue de Québec de l'époque, Jean-Paul L'Allier, ont salué l'entrée en politique de M. Péladeau.
Les signataires soutiennent que la candidature de Pierre Karl Péladeau envoie un «puissant signal à toutes celles et à tous ceux qui hésitent encore à se mettre au service de la démocratie». Puisque selon eux, la vie politique est «souvent ingrate» et «toujours exigeante» et rebute ainsi «nombre de citoyens qui auraient pourtant une contribution de grande valeur à offrir au Québec».
Lise Payette, Louise Harel, Lisette Lapointe, Viviane Barbot, Jean Doré ont aussi signé la missive, qui est une initiative de Gilles Duceppe. Pour récolter des appuis, il a sollicité Bernard Landry. «J'ai fait mon travail, j'ai appelé les autres pour consolider un message puissant que donne l'arrivée de Pierre Karl Péladeau en politique, que l'indépendance n'est ni à gauche, ni à droite, mais qu'elle est en avant», explique celui qui a dirigé le Québec de 2001 à 2003. «L'indépendance se fait par une coalition arc-en-ciel qui recoupe divers courants qui relient une idée centrale : l'indépendance nationale», poursuit M. Landry, rappelant ainsi la vision de René Lévesque.
Québecor doit demeurer au Québec
Les souverainistes reconnaissent par ailleurs qu'il y a «des inquiétudes bien légitimes» qui ont fait surface quant à l'indépendance des médias. Mais ils soulignent que M. Péladeau «a quitté toutes ses fonctions, il s'est engagé à placer ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard et à respecter les lignes directrices du code d'éthique de l'Assemblée nationale».
«Exiger de Pierre Karl Péladeau qu'il vende ses parts d'une entreprise fondée par son père nous semble excessif, d'autant plus qu'un tel scénario déboucherait sans doute sur la perte de contrôle, par le Québec, d'un fleuron de notre industrie culturelle et par le fait même, du siège social d'une entreprise à l'importance vitale», soulignent les signataires.
Au bout du fil, M. Landry ajoute que la demande du chef libéral, Philippe Couillard, est «irresponsable». «Être obligé de vendre ses actions dans un court délai, ça veut dire être obligé de les donner puisque le cours des actions s'effondre, ces actions-là sont en Bourse», fait remarquer celui qui enseigne à l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal. «Deuxièmement, elles peuvent être achetées à New York comme à Toronto comme n'importe où et ça serait catastrophique si on perdait le contrôle d'un instrument de communication aussi fantastique que TVQ et Québecor», fait-il valoir.
La lettre se termine en invitant les Québécois à saluer le geste de M. Péladeau plutôt qu'à s'attaquer à lui.
Confiance en l'éthique journalistique
Bernard Landry affirme faire confiance à l'éthique journalistique et, en ce sens, ne pas craindre l'influence que pourrait avoir le député Péladeau sur le travail de son entreprise de presse. Celui qui a cessé sa chronique dans les journaux de Québecor au moment du lock-out au Journal de Montréal croit par ailleurs qu'il y a des «exagérations de nature politique» au sujet du grand patron de Québecor et de sa gestion des conflits de travail avec le syndicat.
«Québecor et TVA ne sont pas des exploiteurs de personnel. Il ne faut pas se conter d'histoires, il faut regarder les salaires qui sont payés là», souligne celui qui se dit prosyndical. Mais selon M. Landry, les patrons ont parfois des décisions pénibles à prendre contre les syndicats, et c'est ce qu'a fait M. Péladeau dans le passé. «Mais quand on regarde ça à long terme, l'entreprise est sauvée et les gens, au lieu d'être en chômage, sont au travail. Notre société ne pourrait pas prospérer s'il n'y avait pas de chefs d'entreprise», conclut-il.