Le capitaine Samuel Georget et l'entraîneur-chef Edmond Foyé sont les deux piliers du Dynamo, la nouvelle équipe de Québec qui se joint à la Première Ligue de Soccer du Québec.

L'an 1 du Dynamo: le grogneur et le malin

Une solide amitié servira de base au Dynamo à ses débuts dans la Première Ligue de Soccer du Québec (PLSQ). Née en France il y a 12 ans, la relation entre l'entraîneur-chef Edmond Foyé et le capitaine Samuel Georget se poursuivra désormais sur les terrains québécois. Rencontre et rigolade avec les deux piliers de la meilleure équipe de soccer de la Vieille Capitale.
Edmond Foyé a plus d'un tour dans son sac. Son ami Samuel Georget raconte le début de l'anecdote, mais l'entraîneur-chef du Dynamo de Québec se gardera le plaisir d'en dévoiler le clou, lors de leur rencontre avec Le Soleil.
L'histoire se déroule il y a 12 ans, à Châteaubriand. Foyé est alors joueur d'une équipe de cinquième division, mais aussi entraîneur de la formation junior dont fait partie Georget.
Le club connaît un parcours inespéré - «On a tout gagné» -, rendu possible, entre autres, par la ruse de Foyé, aussi travailleur pour la Ville. Conscient des faibles chances de son équipe devant une puissante formation, il demande à ses collègues cols bleus d'arroser à fond le joli terrain en pelouse devant servir pour la rencontre. En voyant le résultat du «déluge», l'arbitre n'a d'autre choix que de transférer le duel sur un terrain en terre battue, où les qualités techniques des plus forts auront moins d'effet. Foyé, Georget et leur équipe l'emportent 4-3, contre toute attente.
«Jouer sur la terre, [nos adversaires] étaient déjà écoeurés. Donc, on avait déjà gagné le match avant de l'avoir démarré!» raconte Foyé en riant de bon coeur.
A-t-il des plans similaires pour la saison du Dynamo? «Je suis assez malin, mais je ne veux pas trop me dévoiler», lance l'homme fort de l'équipe, sans arrêter de rire.
Des petits moments du genre, Foyé et Georget en ont partagé quelques-uns, de l'autre côté de l'Atlantique. Malgré leur différence d'âge - 13 ans -, ils ont rapidement développé une relation basée sur le respect et l'amour du «football». L'amitié viendra plus tard.
«Je suis quelqu'un d'assez rigoureux. J'étais même dur avec lui, parce que je voulais absolument qu'il rentre dans le projet. C'était petit frère, grand frère, comme avec tous les joueurs que j'entraîne», explique Foyé.
Rapidement, le coach remarque le talent de ce jeune milieu de terrain, petit mais agile. Homme de conviction, il souhaite voir Georget se joindre à la formation senior dont il est le capitaine. Mais son entraîneur résiste à l'idée d'embaucher ce frêle adolescent. «J'ai été jusqu'à mettre mon capitanat en jeu s'il ne le prenait pas», se souvient Foyé. L'entraîneur a plié.
Pilier du Rouge et Or
Après ces deux années passées dans les mêmes équipes, ils se croisent de temps en temps, se promettent d'un jour retravailler ensemble. En 2008, Georget vient terminer ses études en psychopédagogie à l'Université Laval, où il sera pilier du Rouge et Or pendant cinq ans. Il joue aussi pour le Royal-Sélect de Beauport, dans le senior AAA. De son côté, Foyé poursuit son parcours d'entraîneur dans l'Hexagone.
Depuis la France, il interroge son ancien joueur sur le soccer et la vie à Québec. Lorsque Foyé vient prendre le pouls de la ville lors de trois visites, Georget l'accueille chez lui. Dont une fois en hiver. «L'année où je suis venu, c'était un des hivers où ce n'était pas si méchant... Donc je me suis fait avoir!» blague Foyé, 41 ans, né en Côte d'Ivoire et élevé dans la banlieue parisienne dès l'âge de sept ans.
Il déménage dans la capitale québécoise avec sa femme et ses trois enfants en 2015. C'était avant l'ouverture du poste d'entraîneur-chef du Dynamo. Il est aussi directeur technique adjoint de l'Association régionale de soccer de Québec.
Foyé peut à la fois être près de ses joueurs et exigeant envers eux, le vante Georget. «Quand il nous a entraînés à 16-17 ans, c'est ce qui fait que ça a bien été. On était une gang de jeunes qui aimaient rigoler. Il était capable de nous faire passer des messages de manière amicale tout en étant hyper strict et rigoureux sur le terrain», estime de son accent franco-québécois le natif de Segré, petite ville située entre Rennes, Nantes et Le Mans.
Au-delà de ses qualités de jeu, Georget possède quant à lui un atout qui peut devenir un défaut, analyse Foyé, devant le principal intéressé. «Sam est un grogneur. Il a horreur, horreur de perdre. Mais maintenant, avec son âge, comme il est charismatique, ça peut faire peur aux autres membres de l'équipe quand il grogne. Moi, j'aime ça. Car ayant horreur de perdre, il est vraiment capable d'inverser le cours d'un match.»
La suite de l'histoire dimanche, 16h, sur le terrain extérieur du stade Honco de Lévis. On leur souhaite le moins de grognements possible...
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Déjà un club redoutable
Les entraîneurs-chefs des six autres équipes de la Première Ligue de Soccer du Québec (PLSQ) sont unanimes : à sa première saison, le Dynamo de Québec représente déjà un club redoutable, voire une des puissances du circuit créé en 2012.
Certes, trop tôt pour dire si la formation d'Edmond Foyé pourra détrôner les Griffons de Mont-Royal Outremont comme champions de la saison, ou l'AS Blainville comme gagnant de la Coupe PLSQ. Mais tous ses futurs adversaires ont déjà le onze québécois à l'oeil.
«Le Dynamo va faire partie des trois meilleures équipes de la saison», prédit Sylver Castagnet, sélectionneur du FC Gatineau.
«Ils vont toujours être soit bons, soit très bons», analyse Andrew Olivieri, du FC Lanaudière. «On ne s'attend à rien de moins. Pour leur première année, ils vont vivre des moments difficiles, mais ça ne leur prendra pas beaucoup de temps pour se retrouver en haut du classement, et je ne doute pas qu'ils en sont capables dès cette année.»
Foyé prend ces compliments et prédictions avec un grain de sel. Le talent est là, certes. Mais seul, il ne fait pas les bonnes équipes, dit-il. «Le plus dur sera de transformer un groupe d'individus en équipe. Et ça, en un temps très court. Si tout prend bien, on peut faire une bonne saison. Si tout prend moins bien [...], à la première difficulté qui va s'accrocher, qui va baisser les bras...? Je suis incapable de le savoir pour l'instant.»
Bon bassin de joueurs
Le Dynamo profitera du bon bassin de joueurs de la région et des succès passés des équipes de Québec dans les ligues d'élite, croient les instructeurs interrogés. Et il y a la présence du Rouge et Or de l'Université Laval, dont six joueurs ou ex-joueurs feront partie du Dynamo.
«Ils vont être très compétitifs, pas de doute là-dessus», affirme l'entraîneur-chef des puissants Griffons, Luc Brutus. «Ils sont bien organisés. Et lorsqu'on est organisés, on a de bonnes chances de bien performer. De là à gagner la ligue, c'est une autre histoire. Ça se passe sur la longévité de la saison, et l'expérience peut rentrer en ligne de compte à un certain moment», conclut l'architecte des champions en titre, visiteurs à Lévis, dimanche.